Archives mensuelles : août 2012

Première journée sur le sol finlandais

C’est à mon tour de me saisir du clavier pour narrer nos premières heures dans notre nouvelle patrie.

Fraîchement débarqués du ferry, après avoir consciencieusement montré patte blanche (i.e nos passeports) au charmant douanier finlandais qui ne doit pas avoir l’habitude de voir une voiture française arriver à Turku, nous sommes en route pour passer récupérer les clés de notre maison chez le directeur de thèse de Nicolas. Après quelques petits « détours » en chemin et, il faut bien l’avouer, un gros coup de bol, nous finissons par trouver la résidence de Juha-Pekka. J’ai enfin le plaisir de rencontrer le patron charismatique de mon cher mari. De sa voix douce et posée de baryton J-P (prononcez Yi-Pé) nous indique quels sont les magasins les plus proches pour que nous puissions remplir notre frigo, nous équiper en électro-ménager et bien sûr dévaliser Ikea afin de meubler notre intérieur ! Le chemin vers le logement devant abriter nos aventures pour les trois années à venir se déroule sans encombre (il y a moins de 10 kilomètres en même temps… on a vu pire pendant cette dernière semaine !) et c’est avec émotion que nous pénétrons au A4 Löytänänkatu !

La maison est conforme à nos espérances et même plus, elle est grande, fonctionnelle et idéalement située au bout du lotissement ce qui nous réserve la plus grande tranquillité. Le haut du quartier de Halinen dans lequel nous emménageons est situé en bordure d’un joli bois sillonné de petits sentiers parfaits pour de longues heures de balades à pieds et avec la poussette. Notre petit jardin donne sur un de ces petits sentiers et nous avons même la chance de découvrir derrière la petite clôture en bois blanc de notre chez-nous de magnifiques groseilliers croulant sous les fruits. La desperate housewive que je suis n’a pas tardé à faire bon usage de cette manne dont vous avez déjà pu admirer les résultats dans la rubrique Gastronomie. Mais cette description dithyrambique de notre logement ne serait pas complète sans les photos qui vous permettront de vous faire une idée de notre lieu de vie. J’ai zappé les étapes de déballage de cartons et de montage de meubles pour ne partager avec vous que les photos de notre installation déjà quasiment finie.

Sitôt arrivés au terme de notre périple kilométrique, pas de répit pour les braves et il nous faut maintenant décharger notre voiture de romanichelles. Les sacs, cartons et autre lit parapluie pour la petite sont entreposés au hasard dans la maison avant que nous ne repartions vers un grand supermarché Prisma, l’équivalent de Carrefour, pour le premier ravitaillement ménager. Et là ceux qui ont déjà vécu cette expérience à l’étranger dans un pays dont on ne maitrise absolument pas la langue auront certainement un sourire à l’évocation de cet épisode… Il est en effet plus que difficile d’essayer de « deviner » ce qui se cache derrière les noms de voi, kevytmaito, broileri, juusto, silli, peruna* ou jogurtti (ah si ce dernier est plus facile à traduire que les autres :-p). Enfin il ne faut pas exagérer non plus car fort heureusement les photos sur les emballages nous mettent facilement sur la voie. Mais il est tout de même assez étrange, et en même temps assez rigolo il faut l’admettre, de remplir son caddy de victuailles sans réussir à comprendre un seul mot de ce qui est écrit sur ses provisions. Et après plus de deux semaines sur place on peut le dire, nous n’avons à déplorer qu’une seule erreur de « lecture » quant à nos achats : de l’assouplissant à la place de la lessive, Nicolas l’avait déjà mentionné.

* dans l’ordre : beurre, lait, poulet, fromage, hareng, pomme de terre.

Petit aparté tout de suite quant à ces considérations alimentaires, nous avons pour l’instant trouvé notre bonheur en matière de nourriture. Peut-être ne sommes nous pas très difficiles non plus, mais en bon français gastronomes nous avions un peu peur de ne pas réussir à satisfaire notre appétit. Il s’avère in fine que nous arrivons à trouver les mêmes produits qu’en France, peut être un peu plus cher pour ce qui est des produits laitiers et bien évidemment presque hors de prix pour les fruits et légumes importés, mais si on admet un goût favorable pour les harengs (natures, marinés, à la tomate, à la moutarde etc…) alors on peut survivre dans des conditions décentes Pour finir sur le chapitre alimentaire (on pourra toujours m’accuser de ne parler que de bouffe, hérédité familiale oblige) nous avons adopté avec plaisir l’habitude du petit déjeuner salé composé de jambon et de fromage sur des biscottes Wäsä (bon ici la marque c’est Vasaan mais l’esprit est le même) et d’œufs brouillés à l’occasion.

Une fois rassérénée par notre frigo rempli, ouf ! encore l’hérédité…, nous pouvons attaquer le remplissage de notre maison qui au moment de notre arrivée contenait un frigo (sic), un four et des plaques électriques ainsi que quantités de rangements sous forme de placards dans l’entrée, placards dans la cuisine, placards dans la chambre d’Eléonore et dressing (oui oui pour toutes mes copines folles de chaussures, le rêve devenu réalité un vrai dressing !!) dans la chambre parentale. Il nous manque donc « juste » 2-3 petites choses pour rendre plus douillet notre « home sweet home »… Direction le géant suédois Ikea dont nous pourrons bientôt faire les pubs dans les catalogues (n’est-ce pas Ludy ?). Il faut l’avouer, on peut ne pas aimer Ikea, mais ce magasin représente quand même une solution fort pratique pour meubler toute une maison dans un seul et même endroit, avec beaucoup de choix et pour un rapport qualité prix des plus avantageux. Et moi, comme j’aime Ikea , et bien c’est chouette ! Il faut tout de même admettre qu’après plus de deux heures à déambuler dans les rayons, un caddy rempli à ras-bord d’articles et l’équivalent d’un quintal en meubles à monter soi-même c’est un peu moins amusant… Mais appréciable de ne pas dormir pour notre première nuit chez nous sur un matelas gonflable !

Notre premier week-end finlandais a donc consisté en virées chez Ikea et en montage de meubles pour aboutir à l’heure où je vous écris à un intérieur déjà bien rempli et fort agréable à vivre ! Au passage petite remarque sur les grands magasins finlandais : nous avons eu la surprise de constater que tous les grands magasins implantés sur la zone commerciale à 10 kilomètres de chez nous sont ouverts le dimanche de 12h à 18h ! Ikea, Gigantti (le Darty local), Prisma que j’ai déjà mentionné, et autre Bauhaus (Castorama finnois) sont ainsi ouverts 7 jours sur 7. Les finlandais n’ayant pas fini de me surprendre, j’ai également constaté que les horaires d’ouverture en semaine étaient très étendus : à savoir de 7h à 21h pour le S-market (= petit Prisma, soit l’équivalent de Carrefour Market pour ceux qui suivent) en bas de chez nous et plus généralement 10h-21h pour les grosses enseignes. Très étonnée par ces horaires, je mettais ma main à couper dans les premiers jours qu’il devait s’agir uniquement des horaires d’été (c’est vrai quoi quand il fait nuit à 15h l’hiver vous auriez envie de ressortir faire des courses après 20h vous ?) et que ceux-ci seraient sûrement moins étendus en hiver. Mais après renseignements pris il s’agit bien des horaires d’ouverture toute l’année. Ça ne lasse pas de me surprendre, d’autant que les horaires de travail d’une journée classique sont plutôt de l’ordre de 8h-16h, ce qui laisse beaucoup de temps pour faire les magasins… Reste à savoir si les magasins du centre-ville sont ouverts suivant les mêmes horaires ou s’ils ferment plus tôt, vers 16h par exemple comme tous les services administratifs (police, maistraatti, sécurité sociale)? Nous n’avons pas eu le temps pour l’instant d’aller flâner dans le centre ville de Turku afin de vérifier. Je mènerai ma petite enquête et vous ferai part de ses résultats.

Hei hei!

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J5 : Malmö → Stockholm

6h, le réveil nous tire d’un sommeil lourd. La nuit fut modérément reposante pour tous les trois. On boucle nos préparatifs avec une vitesse d’exécution étonnante compte tenu de l’heure. A 6h50 la voiture est chargée et le check-out de l’hôtel est effectué, nous sommes prêts à partir. Une fois n’est pas coutume je n’ai pas grand-chose à dire à propos de la route, et pas grand-chose à vous montrer. D’abord parce que quand l’un conduisait l’autre dormait, réduisant ainsi nos possibilités de photos ; ensuite parce que la route en elle-même était relativement sans suspense. « Sortez de Malmö puis continuez tout droit sur 600km » aurait dit un GPS. Mais ne vous y trompez pas, si la conduite fut particulièrement monotone, le paysage, lui, était extraordinaire. Sans aucune commune mesure avec tout ce que nous avions traversé jusqu’à ce jour. Un sentiment omniprésent de nature vierge. Envoutant.

Nous avons fait nos pauses habituelles et au fil des kilomètres il est devenu évident que nous arriverions largement en avance pour le ferry. Ferry dont nous avons trouvé l’embarcadère avec une facilité déconcertante tant notre plan de route était bien préparé. Il est environ 15h. L’embarquement des véhicules ne commence pas avant 18h30. Vous avez trois heures à tuer et vous vous trouvez à un lancer de pierre d’une des plus belles capitales européennes… vous faites quoi ?

Petit tour de Stockholm en image :

 

Une ballade qui nous aura donner envie d’y retourner pour passer le weekend.

18h30 est arrivé et les voitures se sont mises en branle. Nous suivons la file, montrons notre réservation à la dame dans son guichet et pénétrons dans les entrailles d’acier du MS Amorella, une petite barquasse de 170m de long. Nous trouvons vite notre cabine et prenons quelques instants pour nous occuper d’Eléonore. Une vibration sourde mais ténue nous apprend que le paquebot a levé l’ancre. Après avoir nourri et baigné la petite chérie nous sortons faire un tour sur le pont supérieur (le sundeck) pour voir la baie de Stockholm s’éloigner. Malheureusement le paquebot va plus vite que ce qu’on aurait pensé et Stockholm a disparu derrière le paysage depuis un moment. La vue n’en est pas moins magnifique. Nous profitons de la douceur relative du soir pour flâner dehors. Pique-nique, bière, séance photo. La soirée a un petit goût de paradis. Tandis que le soleil disparaît derrière les arbres dans une supernova écarlate nous décidons de retrouver nos couchettes pour une bonne nuit de sommeil (que Cécile considèrera comme la meilleure nuit de tout le voyage) car demain l’arrivée à Turku est prévue à 7h, ce qui nous rappelle qu’il faut avancer nos montres d’une heure. Good night, until tomorrow.

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Quelques nouvelles d’Eléonore…

Hei! Mitä kuulu? Pendant que je commence tranquillement à acquérir quelques rudiments de finnois, Eléonore grandit toujours! Grande nouveauté depuis samedi, cette petite fille a enfin trouvé son pouce! Ce ne fût pas sans pleurs mais finalement le fait que nous étions en voiture et que nous ne pouvions (enfin plutôt voulions…) pas nous arrêter avant d’arriver à la maison, aura en quelque sorte forcé les choses. Depuis, c’est royal! Eléonore ne lâche plus son pouce ce qui s’avère fort pratique pour la calmer en toutes circonstances : patienter avant la tétée, se rendormir toute seule pendant la sieste ou la nuit… En parlant de nuits celles-ci sont depuis peu beaucoup plus reposantes pour les jeunes parents que nous sommes. Depuis deux nuits Eléonore enchaîne les heures de sommeil non-stop entre 19-20h et 6-7h du matin. Nous espérons bien qu’elle va continuer sur sa lancée!

Hyvästi!

 

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J4 : Worpswede (Deutschland) → Malmö (Sverige)

Au matin de ce jeudi 26 juillet il nous reste environ 1200km à parcourir sur terre, on a donc fait la moitié de la route en trois jours. Maintenant fini de rigoler, on met les bouchées doubles avec deux étapes de 7h et plus personne pour nous servir une bière fraîche à l’arrivée. On attaque donc avec la classique routine matinale : lavage, habillage, mangeage, rangeage. Apparemment nous avons suffisamment progressé vers le nord et l’est pour changer le petit déjeuner sucré en petit déjeuner salé, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Le premier repas de la journée est certainement le plus important pour nous en cette période de nomadisme (et ce n’est pas Cécile qui me contredira). C’est aussi et surtout l’occasion de prolonger un peu le temps passé avec nos amis. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il faut bien se dire au revoir. Lena nous accompagne diligemment jusqu’à la boulangerie la plus proche pour nous aider à nous faire comprendre auprès de Madame la boulangère qui ne parle probablement pas un broc d’anglais. Mission accomplie : nous avons nos sandwichs pour le midi… mais on ne sait pas trop ce qu’il y a dedans.

On the road again, direction Bremen pour reprendre l’autoroute vers Flensburg sur la frontière danoise. Premier problème (que nous avions déjà entr’aperçu hier), les indications de via Michelin utilisent des noms de route de type « K42 », « K28 », etc… mais ces noms ne figurent sur aucun panneau. Alors on essaie de deviner, on tente de se repérer avec le nom des villes que nous sommes censés traverser… en vain. Notre plan indique que l’autoroute doit se trouver à une vingtaine de kilomètres de notre point de départ or cela fait maintenant une demi-heure que nous errons sans voir le moindre signe qui pourrait nous mettre sur la voie. L’agacement s’installe car nous perdons du temps sur une journée qui s’annonce déjà longue. De plus Eléonore se lance dans une complainte incoercible, probablement en réponse à l’atmosphère tendue qui règne dans l’habitacle. Décidant de prendre le problème à bras le corps Cécile s’arrête alors que nous traversons un village inconnu, descend de la voiture pour demander des indications à des locaux puis va s’asseoir dans un coin de verdure pour nourrir notre fille. Quelques clichés de lieu étrange, perdu dans l’espace et le temps.

Eléonore apaisée (ses parents aussi), nous suivons les indications providentielles des autochtones et, après une dizaine de kilomètres nous retrouvons le paysage réconfortant de l’autoroute E22… et ses portions en travaux. Jusqu’ici on pouvait dire que la journée n’avait pas très bien démarré mais que les choses étaient rentrées dans l’ordre sans trop de problème. Après 100 kilomètres sur l’autoroute on pouvait officiellement dire que c’était une journée de merde. Tout ça à cause d’un maudit panneau… et peut-être aussi parce que Cécile  n’aurait pas dû dépasser cette voiture de Polizei. Nous n’avons rien vu venir jusqu’à ce qu’ils viennent se planter devant nous, quelques minutes plus tard, en affichant « FOLGEN BITTE » sur leur rampe de toit. Pas besoin d’être germanophone pour comprendre que ça veut dire « Emmerdes à l’horizon ». Nous nous exécutons et les suivons jusqu’à l’aire d’autoroute sur laquelle ils s’arrêtent. Le flic est descendu de son Audi. Il venu vers nous. On a baissé la vitre. Il nous a regardé. On l’a regardé. Il nous a regardé. Il a dit « Sprechen Deutsch ? English ? ». On a dit « English ». Il nous a demandé nos papiers. On les a donné. Il les a donné à son pote. Il nous a expliqué qu’on avait effectué un dépassement sur une zone ou les véhicules avec remorque n’avaient pas le droit de dépasser, il a sous-entendu qu’on avaient été assez cons pour dépasser une voiture de police et que de toute manière, en Allemagne les véhicules avec remorques étaient limités à 80km/h. Il a conclu en disant : ça fera 90€. Il était jeune, mince, brun avec les cheveux courts et avait un sourire que je lui aurais bien retiré à grands coups de pelle. Si on en croit la contravention, il s’appelait Martina. On a payé l’amende. Ils sont repartis. Nous aussi. Il était 11h30 du matin et on avait fait 100km… il en restait 500. Bref, Cécile a pris un PV en Allemagne.

Par la suite nous avons fait attention aux panneaux qui stipulaient – en pictogrammes certes – que nous n’avions pas le droit de dépasser. Sauf qu’on était à la bourre et que les camions se trainaient joyeusement à 100km/h et moins. Alors en bons français nous avons continué à dépasser tout en guettant attentivement l’éventuelle présence des poulagas (chat échaudé craint l’eau froide). Nous ne les avons pas revus et, pour notre plus grand soulagement, les interdictions de dépasser ont disparu à mesure que nous progressions vers le Danemark (nous avons quand même eu les plaisir d’en retrouver quelques unes comme vous pourrez le voir dans les photos).

Rapide pause déjeuner à proximité de Flensburg (les sandwichs étaient bons) puis nous repartons fissa pour essayer de rattraper le temps perdu. Une fois au Danemark la route est devenue très morne. Paysage monochromatique, aucun changement de direction, personne à doubler, pas de flic à surveiller. Du moins jusqu’à Odense. A partir de là le paysage est devenu très agréable et j’espère que vous saurez apprécier les quelques photos des immenses ponts que nous avons empruntés. Ponts pour lesquels il faut s’affranchir d’un droit de péage assez élevé : 350 Couronnes Danoises (= 47€) pour celui entre Odense et København et 620 Couronnes Danoises (= 83€) pour traverser les 7845 mètres du pont de l’Øresund qui sépare le Danemark de la Suède. Des ouvrages vertigineux qui forcent le respect tant ils semblent défier la physique Newtonienne. Les images parlent d’elles-mêmes.

Arrivés à Malmö vers 18h nous trouvons notre hôtel très rapidement et prenons nos quartiers dans une chambre complètement surchauffée, probablement en raison d’une longue exposition au soleil. Nous n’avions pas de thermomètre sous la main mais on était assez d’accord pour dire qu’il faisait de plus de 25°C. Dîner au bar de l’hôtel et couchés vers 21h parce que demain le réveil est prévu à 6h pour notre dernière étape routière, 620km pour traverser la Suède dans un axe sud-ouest / nord-est.

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J3 : Nivelles (Belgique) → Worpswede (Deutschland)

Après une nuit légèrement agitée mais résolument meilleure que celle de la veille, nous attaquons notre troisième jour de voyage. Et pour bien entamer la journée rien de tel qu’un bon petit déj’ entre amis. Notre routine de nomades s’installe petit à petit. On rassemble les affaires de la Louloute i.e baignoire, lit-parapluie, sac à langer. On fait pareil avec nos affaires qui, contrairement à celles de notre fille, tiennent dans moins d’un mètre cube. On refait un tour pour vérifier qu’on n’a pas laissé traîner un passeport ou une brosse à dent, on fait la bise à nos hôtes et en route mauvaise troupe. Départ vers 9h en direction de Worpswede, près de Bremen, via les Pays-Bas.

Comme à son habitude Eléonore dort sagement à l’arrière de la voiture ce qui nous permet d’engloutir un maximum de kilomètres avant notre première pause. Et c’est ainsi que dans le milieu de la matinée nous pénétrons dans le premier pays non francophone de notre épopée : Nederland. Une petite étape d’à peine 100 km en passant à proximité d’Eindhoven, et comme nous avons bien l’intention de fouler de nos pieds le sol de chaque pays que nous traversons, nous nous arrêtons pour faire une pause. Et ça tombe bien car Eléonore a faim et cela fait deux heures qu’on roule. Quelques images de notre bref passage au pays du Gouda.

Il nous reste encore un peu de temps avant la pause déjeuner alors pour changer on décide de faire un peu de route. Il faut dire que les autoroutes néerlandaises sont assez agréables car elles ressemblent beaucoup aux autoroutes françaises (une autre façon de voir les choses consiste à dire qu’elles sont très différentes des autoroutes belges). Et comme ça, l’air de rien, sans autre signe qu’un petit panneau bleu avec des étoiles en cercle sur le bord de la route, nous entrons en Germanie.

J’entame une petite parenthèse dans mon récit pour vous parler de ces fameux panneaux de frontière. Après avoir dépassé le panneau Belgique nous nous sommes dit que ce serait une bonne idée de prendre en photo tous les panneaux de frontières que nous croiserions. L’idée étant d’avoir à terme une jolie série de photos de toutes les frontières que nous avons franchies… Malheureusement, pour une raison que j’ai encore du mal à saisir nous les avons tous ratés. Soit nous avons dégainé l’appareil photo trop tard, soit nous ne l’avons même pas sorti, et dans le seul cas ou nous étions bien préparé j’ai réussi à vendanger la photo (vous verrez bientôt le superbe panneau Sverige, à moins que ne soit Slovenia… ou Serbia… qui sait…). Je referme ma parenthèse.

Nous voilà donc au pays des Mercédès, des BMW et des Audi. Oh comme c’est facile de se vautrer dans la caricature me direz-vous. Et bien pour l’avoir constaté de mes propres yeux je peux vous assurer que c’est parfaitement fondé, 90% des voitures que nous avons vues sur les autoroutes allemandes appartenaient à une de ces trois marques (+Volkswagen, pour être tout à fait honnête) ; et une bonne moitié était des break. Pendant qu’on écume les vieux clichés je tiens à signaler que le concept de l’autoroute « sans limite de vitesse » relève plus du mythe que de la réalité. Ces portions existent, c’est vrai, mais elles représentent une fraction très minoritaire du réseau autoroutier (du moins sur les 600km que nous avons parcourus en Teutonie). La plupart du temps la limite est fixée à 120km/h. En fait non, pas tout à fait. La plupart du temps la limite de vitesse est 80km/h parce qu’en été, quand le teuton s’ennuie, il goudronne. Et comme c’est un allemand et qu’il a de bons outils il fait ça a grande échelle. Il y a surement un grosse tête à la DDE allemande qui s’est dit :

« Ach ! ch’ai une idée pour que les oufriers arbeit un peu plus zet été, nous allons leur demander de refaire 900 kilomètres d’autoroute, che crois que le refètement est un peu usé. En plus, ça fera chier ces cons de französisch qui partent en facances, pas vrai Hans ?

Ja, ja ! Ch’aime ta façon de voir les choses Karl. Choindre l’utile à l’agréable c’est fraiment du dravail de pro. »

On a même pris en photo les petits panneaux qui indiquent la longueur de ces portions (la plus grande faisant 22km). Notez les petits smileys… j’adore. Rien d’autre à ajouter sur la route, sinon que nous avons fait une pause déjeuner sur une aire d’autoroute et avons tranquillement atteint notre étape en fin d’après-midi.

Arrivés à la maison Boulinguiez-Schmelzer je trouve un Benoît mi-blasé, mi-concentré qui m’annonce : « vidéo conférence pour le boulot, j’en ai pour une grosse demi-heure, faites comme chez vous, Lena est partie faire des courses, elle revient dans un instant. ». Effectivement Lena arrive quelques minutes après et je suis subjugué par ses progrès en français. Pendant que Ben papote avec ces interlocuteurs des Etats Unis de l’Amérique nous commençons l’apéro en devisant agréablement avec Lena. Une bonne heure et demi plus tard le polyglotte barbu sort de sa caverne, enfile son short, ses tongs et sa bonne humeur puis fonce dehors pour profiter de la chaleur vespérale. Et c’est parti pour notre deuxième apéro/barbecue dehors de la semaine ! Superbe soirée, délicieux repas (mention spécial pour le Bourgogne rouge). Benoît et Lena en profitent pour nous faire connaître un peu le voisinage. Entre le trafiquant de drogue d’en face, la paranoïaque du dessus et le gros con d’à-côté on se dit qu’ils sont bien installés.

Le repas terminé nos épouses respectives vont se coucher pendant que leurs maris finissent les bouteilles, comme au bon vieux temps. Puis cédant à la fraîcheur nocturne autant qu’à l’appel du lit nous finissons par les rejoindre.

Nuit tranquille ce soir-là.

Veuillez nous excuser pour l’absence de photos… c’est assez lamentable mais on a complètement oublié d’immortaliser la soirée chez Ben & Lena.

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