Archives mensuelles : février 2013

10 mois… et toujours 2 dents!

En ce dernier jour du mois de février, joliment nommé Helmikuu en finnois soit mois de la perle, notre petite perle scandinave fête son dixième mois de vie. Mini-miss Finlande est toujours en pleine forme et continue sa transformation en petite fille. Un grand merci à nos hôtes actuels, M&M’s, pour les magnifiques portraits que je partage avec vous.

Les progrès moteurs dans l’acquisition du 4-pattes ou de la position « debout accrochée au rebord de la baignoire » sont notables. Mais durant le mois écoulé Eléonore a surtout aiguisé sa compréhension du monde extérieur. Elle commence à montrer qu’elle sait ce qu’elle veut (et surtout ce qu’elle ne veut pas…),  à comprendre le non, à comprendre aussi comment faire rire son public en enchaînant grimaces, sourires et regards charmeurs.  Et pour être honnête le public est pour l’instant conquis, à commencer par ses parents qui ne se lassent pas de la voir faire le pitre…

Côté médical, la visite de ce matin a été l’occasion de mettre à jour les mensurations : 72.5 cm pour 8.080 kg et toujours 2 dents… Première injection pour le vaccin ROR, quelques pleurs, mais Eléonore étant très courageuse et/ou dure au mal ceux-ci n’ont vraiment pas duré. Prochaine étape maintenant, découverte d’un nouveau pays européen pour notre baby-globe-trotteuse : le départ pour les Pays-Bas est prévu le 15 mars!

 

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La croisière s’amuse

En Finlande fait comme les finlandais dit le dicton. Et que fait le Finlandais pour occuper ses weekends ? Il part en croisière à bord de ces gigantesques ferrys que l’apport technique et technologique de l’ère industrielle lui a permis de bâtir. La destination n’a pas d’importance, le Finlandais se moque de mettre le pied à Stockholm, Mariehamn, Tallin ou Tombouctou, il veut simplement être de retour chez lui avant dimanche soir. Les armateurs l’ont bien compris et n’offrent donc pas d’escale dans le port d’arrivée. Simplement un système de passerelle qui permet de sortir d’un ferry pour embarquer dans un autre ferry qui assure le retour, le tout en un minimum de temps. La manœuvre est rodée à la perfection… sans doute un héritage germanique.

Quel intérêt, me direz-vous, à rester sur un gros bateau pendant 12, 24 voire 36 heures sans mettre le pied à terre et ainsi manquer l’opportunité de visiter un nouveau pays, une nouvelle ville, une nouvelle culture ? Les intérêts sont aussi nombreux que les services offerts à bord, et en la matière chacun voit midi à sa porte. Mais si vous me permettez de faire une généralité et d’enfoncer légèrement le clou des stéréotypes dans le dos tendre et pâle du peuple finlandais, je ne dirais qu’un mot : la picole. Ceux qui lisent le blog et à fortiori ceux qui sont passé par la Finlande, savent désormais que l’alcool est terriblement taxé, et donc atrocement cher (pour en rajouter une couche dans l’hyperbole et le néologisme je dirais même prohibitivement cher). C’est d’ailleurs la source du grand paradoxe finlandais : comment un peuple peut-il être aussi alcoolique avec un alcool aussi cher ? Mais laissons de côté le mystère et revenons à nos bateaux. Grâce à un jeu subtil et ingénieux de « sortie du territoire européen » les magasins à bord sont autorisés à vendre des produits détaxés. Cela fonctionne lorsque le ferry est à destination de la Russie, de la Norvège ou de la Suède. De la Suède ?!! Comment ça de la Suède ? La Suède fait pourtant partie de l’Europe depuis 1995, qu’est-ce que tu racontes comme salade ? Vous avez parfaitement raison mais ce n’était pas une raison pour étaler votre culture de façon ostentatoire. Je vous ai bien dit que c’était « subtil ». Lorsque le ferry fait route vers Stockholm il prend bien soin de passer par ce magnifique archipel que sont les îles Åland et qui se trouvent être une entité géopolitique qui, bien que rattachée à la Finlande, jouit d’un statut fiscal particulier autorisant la vente de produits détaxés. Ces îles font pourtant bel et bien partie de l’Europe mais les gouvernements Finlandais et Ålandais ont quelque peu courbé les lois afin de préserver et d’encourager le trafic maritime qui représente 40% du PIB de l’archipel. Grâce à ce petit tour de passe-passe les ferrys faisant escale à Mariehamn – le principal port et accessoirement capitale de l’archipel – peuvent accueillir à leur bord des boutiques duty-free. Ajoutez à ces boutiques tout un assortiment de bars et de restaurants servant de l’alcool à prix cassé – pour un porte-monnaie finlandais du moins – et vous comprenez pourquoi nos concitoyens mangeurs de harengs viennent régulièrement festoyer à bord de ce Valhalla flottant.

En ce qui nous concerne il s’agissait surtout de vivre une expérience typique tout en divertissant nos hôtes du moment : Titi et Roxane. Force est d’admettre que l’expérience fut plaisante à de nombreux égards. Nous nous sommes contentés de la version courte : Turku-Mariehamn-Turku pour un total d’un peu moins de 12 h aller-retour. Au programme : balade sur le pont supérieur, apéro, ripaille, apéro, spa avec vu sur la mer et apéro… que voulez-vous, on s’adapte.

La vue de la Baltique gelée est déjà un spectacle en soi mais la sensation est encore plus grisante lorsqu’on voit et qu’on sent le paquebot fendre la couche de glace à mesure qu’il progresse. Et puis il y a le paysage composé par les îles de la baie de Turku. Des îlots, parfois de simples rochers, colonisés par les pins et partiellement enneigés. Parfois, au milieu des arbres, une cabane.

L’intérieur du ferry ne présente pas de particularité qui mérite qu’on s’attarde sur une description. On notera tout de même la profusion quasi indécente de machines à sous à tous les étages. Les finlandais en sont friands paraît-il. Nous avons tout de même eu le privilège d’effectuer le retour à bord du MS Viking Grace, le dernier fleuron de la flotte Viking Line, sorti des chantiers de Turku en 2012 et inauguré en janvier de cette année. Un monstre de modernité (à moins que ce ne soit modernisme ?) : 220 mètres de long, 30 mètres de haut avec une capacité maximale de 2800 passagers (pour comparaison le Titanic faisait 269 mètres de long et 28 mètres de haut pour 2400 passagers, on joue donc dans la même cours). Le design intérieur tranche nettement avec celui du ferry « aller » (le MS Isabella, ndla) qui accuse ses vingts années de services. Le Grace possède également un magnifique spa avec vue sur la mer. Nous n’avons pas pu résister et nous nous sommes offerts les deux heures de détente au milieu des jacuzzis et saunas tout en regardant défiler la mer, appréciant plus encore la quarantaine de degrés Celsius qui nous séparent de ses eaux sombres.

Pour couronner le tout, Eléonore nous a gratifié d’une humeur joyeuse tout au long de la traversée (avec un petit coup de mou vers la fin, on l’excusera). Elle serait bien restée un peu plus longtemps dans le jacuzzi à faire du gringue à Alexander, un suédois d’au moins 5 ans son aîné, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Je vais donc conclure ce post en faisant un clin d’oeil à Titi qui tenait à s’associer à la rédaction de ce billet au titre de stagiaire rédacteur. Il n’a hélas pas pu me rendre son brouillon à temps alors je vais essayer d’imaginer ce qu’il aurait pu dire. Il vous aurait certainement raconté comment la couche gorgée d’eau d’Eléonore a explosé à la sortie du jacuzzi ou encore comment il a gagné 60 centimes dans une machine à sous en y insérant une pièce étrangère… qui est ressortie. Il vous aurait narré sa course poursuite après la mascotte Viking Line et comment cette dernière lui a refusé un câlin. Et surement bien d’autres choses encore. Cette fois-ci je vous laisse pour de bon avec quelques photos.

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Journée de Johan Ludvig Runeberg

La neige qui tombe abondamment et sans arrêt depuis hier soir n’a pas empêché ce matin les Finlandais de hisser le drapeau national pour le premier liputuspäivä de l’année 2013. Aujourd’hui, et comme tous les 5 février, les Finlandais célèbrent Johan Ludvig Runeberg. Cet intellectuel et auteur né au début du XIXème siècle est considéré comme le poète national de la Finlande.

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Malgré l’incertitude planant sur le jour exact de sa naissance, le 5 ou le 7 février, celle-ci est commémorée le 5 février puisque Runeberg lui-même avait choisi ce jour pour célébrer son anniversaire. Fils d’un capitaine de navire et issu d’une famille de marchands, d’intellectuels et d’hommes d’Eglise, le petit Johan Ludvig naît à Jakobstad (ou Pietarsaari en finnois) en 1804. Jakobstad, qui compte aujourd’hui 20.000 habitants, reste influencée par son héritage suédois puisque c’est aujourd’hui la plus grande ville finlandaise comptant une majorité de suédophones (56%).

Runeberg, étant donc suédophone, passe son baccalauréat en 1822 au lycée d’Abo (nom suédois de Turku, pour ceux qui ne suivent pas!). Après des études de philosophie à l’Abo Akademi, il devient professeur de littérature latine dans la ville de Porvoo sur la côte sud de la Finlande à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Il y résidera jusqu’à sa mort en 1877.

Runeberg est considéré comme ayant largement contribué à l’éveil national de la culture finlandaise, tout comme Elias Lönnrot compilateur du Kalevala dont j’aurais l’occasion de parler prochainement. L’intégralité de l’oeuvre de Runeberg est composée en suédois et son premier recueil Dikter est le premier recueil de poèmes à être publié en Finlande en 1830. L’oeuvre la plus connue de Runeberg est sans conteste les Récits de l’enseigne Stal, considéré comme le plus grand poème épique finlandais ne faisant pas partie du Kalevala. Les Récits de l’enseigne Stal décrit les misères et le courage des finlandais enrôlés dans l’armée du royaume de Suède en guerre contre l’empire Russe, conflit au cours duquel la Suède perdit sans gloire la Finlande qui devint un grand-duché de l’empire Russe (voir l’article « Un peu d’histoire…« ).

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Mythologie Nordique – Chapitre 1 : Genèse

J’ouvre une nouvelle catégorie consacrée aux récits épiques et fascinants de cette mythologie malheureusement peu connue qu’est la mythologie germanico-nordique. Les sources écrites nous permettant de retracer les grandes lignes de ces croyances ancestrales ont presque toutes disparues lors de la christianisation des pays scandinaves et germaniques, aux alentours du Xème siècle. Fort heureusement, un historien et poète islandais du nom de Snorri Sturluson va, au cours du XIIIème siècle, entreprendre une reconstitution de la mythologie scandinave. De son travail naîtra une oeuvre considérée comme majeure dans la littérature du moyen-âge : l’edda en prose, aussi appelée Edda de Snorri. Complétée par l’Edda poétique -un recueil de poèmes scaldiques datant du VIII au XIIIème siècle et dont l’auteur est inconnu- ces deux textes constituent à présent la principale (et quasi unique) source écrite traitant de la mythologie nordique.

Je vais donc vous distiller quelques petites histoires tirées des mythes et légendes scandinaves. Et puisqu’il faut bien commencer par le commencement, attaquons sans plus tarder le récit de la genèse du monde.

Au commencement était le néant : Ginnungagap. A l’extrémité nord de cette vaste étendue de vide se trouvait Niflheim, un monde sombre et glacial seulement habité par le givre et la brume. Lui faisant face, au sud du vide primordial, se trouvait son opposé : Muspelheim, le royaume du feu et de la lumière, terre de lave et de fournaises.

Quelque part au milieu de Ginnungagap, les courants glacés de Niflheim rencontraient les vents brûlants de Muspelheim formant ainsi l’eau. De cette eau primitive naquit le premier être : Ymir, le père des Jötnar (un jötunn, des jötnar, ndla), les géants de glace. Cette eau primitive engendra également une vache, Audhulma, pour le plus grand plaisir d’Ymir qui pu donc se nourrir en s’abreuvant de son lait dont il est dit qu’il s’écoulait de ses pis en formant quatre rivières. Commença alors une deuxième vague de naissance dans cette univers mal dégrossi. Ce fut d’abord Ymir qui engendra 3 enfants (3 jötnar). Le deux premiers, mâle et femelle, furent créés à partir de la sueur qui s’écoulait de ses aisselles pendant son sommeil. Son troisième enfant, un fils, naquit de l’union de la jambe gauche d’Ymir avec sa jambe droite. Ses trois enfants deviendraient les futurs parents de la race des jötnar, qui comme leur père, furent nourris au lait sacré d’Audhulma.

Ymir Adulhma

Le bovin sacré, puisqu’on en parle, se trouve être à l’origine de la création d’un être nouveau dans cet univers peuplé par les jötnar. Un être ô combien important car sa descendance entraînera un bouleversement sans précédent dans l’équilibre de l’univers. Cet être c’est Buri. La légende raconte qu’Audhulma, toute vache sacrée qu’elle fut, devait bien se nourrir de quelque chose. Pour se sustenter elle léchait un rocher recouvert de sel et de glace. Un jour qu’elle lapait consciencieusement son rocher elle vit affleurer une touffe de cheveux. Le deuxième jour ce fut une tête entière qui émergea du roc. Continuant à dégrossir son bloc à coups de langues Audhulma libéra finalement, au troisième jour, le corps tout entier du Buri, le grand-père des Æsir, les Dieux. Buri eut un fils, Borr, qui épousa une jötunn nommée Bestla. De cette union naquirent 3 frères : Vé, Vili et Odin.

Les trois rejetons de Borr et Bestla ne furent pas long à comprendre que les jötnar étaient et seraient toujours plus nombreux que les Æsirs. Dès lors la seule possibilité pour eux de s’élever au dessus des jötnar étaient de s’en débarrasser. Pour cela ils attaquèrent le problème à la racine en assassinant l’ancêtre des jötnar : Ymir. Le premier crime de l’histoire fut également la source de la plus importante des créations de la mythologie nordique puisqu’elle façonna le monde. Après avoir attendu patiemment qu’Ymir s’endorme, Odin, Vili et Vé attaquèrent le géant de toute leurs forces. Les torrents de sang qui jaillirent de ses plaies noyèrent tous les jötnar à l’exception de Bergelmir et sa femme qui réussirent à s’abriter. Le couple survivant permettrait plus tard de rebâtir la race des jötnar.Odin Vili Ve Les trois frères victorieux jetèrent alors la dépouille d’Ymir au milieu de Ginnungagap et commencèrent à façonner le monde à l’aide des restes du géant. Le sang qui s’était répandu devint les océans et les rivières, sa chair forma la terre et ses os les montagnes. De ses dents fut créée la roche et ses cheveux devinrent des forêts. Les sourcils d’Ymir formèrent Midgrad, la futur terre des hommes. Enfin, les trois Æsir jetèrent le crâne d’Ymir en l’air et celui devint le ciel, le couvercle du monde. Il lancèrent alors le cerveau du géant dans le ciel créant ainsi les nuages. Alors qu’il travaillaient à la création du monde, les trois Dieux remarquèrent des asticots qui grouillaient sur le cadavre d’Ymir. Ces asticots devinrent les nains et les 4 premiers d’entre eux furent réquisitionnés par les 3 frères pour soutenir le crâne d’Ymir afin d’empêcher celui-ci de tomber. Ces 4 nains furent nommés Nordi, Vestri, Sundri et Austri (Nord, Ouest, Sud et Est comme vous l’aurez certainement deviné).

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