Archives mensuelles : février 2014

Hyvää Kalevalanpäivää!

Ou « Joyeux jour du Kalevala »! Le 28 février, la Finlande hisse ses couleurs nationales en ce liputuspäivä pour célébrer le jour du Kalevala et de la culture finlandaise.

Alors qu’est ce que le Kalevala et que se cache-t’il derrière ses 23.000 vers? Le Kalevala est LA référence d’oeuvre littéraire finlandaise, une épopée nationale constituée d’anciens chants et poésies populaires  d’abord transmis oralement pendant des siècles puis retranscrits dans ce recueil édité pour la première fois le 28 février (date anniversaire donc) de l’an 1835.

Le Kalevala, qui signifie pays de Kaleva, est composé de 50 chants narrant le récit de mythes et légendes, épiques, héroïques ou lyriques, et qui sont pour certains indépendants les uns des autres. Le Kalevala raconte la vie des peuples habitant ce pays de Kaleva: d’un côté les Kaleva originaires du sud de la Finlande, et de l’autre les Pohjola  le peuple du Nord (pohjois signifiant en finnois « septentrional »). Ces deux peuples ennemis se battent notamment pour la possession du sampo, un objet magique assurant la fortune à son propriétaire, à l’instar d’une corne d’abondance. Cet objet magique, omniprésent dans la mythologie finlandaise, est de forme indéterminée. Certains auteurs le décrivent comme un compas ou un astrolabe. Dans le Kalevala il prend la forme d’un moulin fabriquant de la farine, du sel et de l’or à partir d’air pur.

Illustration du livre Kasvot - mielikuvia kanteleesta, Väänänen & Ikävalko 2008

Illustration du livre Kasvot – mielikuvia kanteleesta, Väänänen & Ikävalko 2008

Le personnage principal est Väinämöinen, fils d’Ilmatar, déesse de l’Air et mère de l’Eau. Ce magicien, qui joue d’un instrument à cordes traditionnel finlandais appelé kantele, apparaît dès le premier chant du Kalevala qui raconte la création du monde et la naissance de la vie humaine. Les autres personnages principaux de cette épopée sont le forgeron Ilmarinen, qui fabrique le sampo pour Louhi la maîtresse du pays de Pohjola, et Lemminkäinen le guerrier. Dans la dernière partie du Kalevala ces trois personnages partent en expédition dans le pays ennemi de Pohjola afin de récupérer le sampo.

Le père du Kalevala est Elias Lönnrot médecin et folkloriste finlandais (1802-1884). C’est lui qui parcoure la campagne finlandaise et notamment la Carélie, ancienne province finlandaise située à l’est du pays à la frontière russe,  pour recueillir entre 1828 et 1834 les 6.000 vers de la première édition du Kalevala. Après cette première édition, Lönnrot reprend la route jusqu’en Laponie afin de compléter son recueil. La deuxième version du Kalevala, qui comprend 23.000 vers, intègre des ajouts et des modifications faites en adaptant les chants originaux et en puisant dans la propre imagination de l’auteur. Le Kalevala est souvent comparé à l’Illiade et à l’Odyssée, Lönnrot ayant apparemment été influencé dans son idée de compilation de textes traditionnels par les théories de Friedrich August Wolf, helléniste allemand ayant travaillé sur l’identité d’Homère et son rôle dans la composition de ces œuvres précitées.

Il est amusant de noter que Lönnrot, suédophone à l’origine, est aujourd’hui considéré comme l’un des pères de la langue finnoise.

Le Kalevala est un véritable symbole de la culture finlandaise et du sentiment national de la Finlande. La dimension politique du Kalevala est telle qu’il aurait encouragé au moment de sa parution l’émergence du sentiment national ayant mené la Finlande, à l’époque Grand Duché autonome de l’empire russe, à prendre les armes et réclamer son indépendance aux russes en 1917. Avant cela, la publication du Kalevala en finnois renforça l’importance de cette langue qui devint en 1902 langue officielle aux côtés du suédois et du russe (je rappelle qu’aujourd’hui le suédois est encore, avec le finnois bien évidemment,la deuxième langue officielle de Finlande).

La défense du Sampo  (Sammon puolustus) - Aleksi Gallen-Kallella 1896

La défense du Sampo (Sammon puolustus) – Aleksi Gallen-Kallella 1896

Le Kalevala a également beaucoup influencé les artistes finlandais dans le domaine de la musique (Sibelius) ou de la peinture. Lors de l’exposition universelle de 1900 à Paris, le peintre finlandais Aleksi Gallen-Kallela décora le pavillon finlandais avec des scènes du Kalevala. Le Kalevala est l’oeuvre littéraire en finnois la plus traduite dans d’autres langues (plus de 50). Le Kalevala est également édité en version courte, simplifiée ou illustrée à destination des enfants qui l’étudient à l’école en Finlande.

Enfin, l’influence du Kalevala se relève aussi dans la vie de tous les jours en Finlande. Le brise-glace arctique Sampo a ouvert les voies de navigation dans les mers gelées de la Finlande pour les navires de commerce pendant 25 ans avant de devenir en 1987 une attraction touristique dans la ville portuaire de Kemi, sur le golfe de Botnie. Les compagnies d’assurance Kaleva, Sampo ou Pohjola se sont inspirées de l’oeuvre tout comme l’entreprise de travaux publics Lemminkäinen. Et pour finir, une des deux animatrices du teatteri (activité musicale) auquel nous nous rendons toutes les semaines avec Eléonore se prénomme Aino, diminutif d’un nom de personnage du Kalevala 🙂

Le brise-glace arctique Sampo

Le brise-glace arctique Sampo

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Quand la journée est placée sous le signe du non…

 

Je ne sais pas combien de fois j’ai pu entendre ce mot aujourd’hui. 50 fois? 100 fois? 200 fois?

 

– Eléonore, tu descends prendre le petit-déjeuner? « non »

 

– Eléonore, on va s’habiller pour aller se promener. « non »

 

– Eléonore, tu veux remonter dans la poussette? « non »

 

– Eléonore, tu veux manger? « non »

 

– Viens là! « non »

 

Bref, vous avez saisi le concept… Tout avait d’ailleurs commencé ce matin par un récital de « non » sur tous les tons possibles et imaginables, à peine la demoiselle levée. Et quand son père, se préparant à partir au travail et entendant la litanie de sa fille, me souhaite bon courage pour la journée, on se dit que celle-ci va être longue… Et quand on récupère sa fille dans le pipi et les pleurs (car vexée comme un pou), à la sortie de la sieste car celle-ci a eu la bonne idée d’enlever sa couche avant de s’endormir, on préfère ne pas se demander comment la journée va finir…

Conclusion, je crois qu’on peut maintenant déclarer officiellement que nous sommes rentrés dans la période du Non.

Vous comprendrez qu’il n’y ait pas vraiment de photo pour illustrer cet article (une vidéo serait plus « parlante »)… Oh et puis tiens si, une petite photo prise par une amie allemande (danke Friederike :-)) lors de notre balade matinale sous la grisaille de Naantali. Qui a dit que le temps reflétait l’humeur du moment?…

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Madame Chipie

DSC01498A presque 22 mois, Eléonore:

  • Aime s’habiller toute seule, ou du moins essayer. Elle arrive à enfiler son pantalon (parfois les deux pieds atterrissent dans la même jambe…) et depuis peu ses chaussettes! Elle aime aussi beaucoup enlever les habits de dehors (et ils sont nombreux!) quand nous rentrons à la maison: moufles (en les arrachant avec les dents), blouson, pantalon de ski, cagoule. Elle ne manque pas de s’applaudir quand elle y arrive (on n’est jamais mieux servie que par soi même).
  • Sait replacer sans faute les chiffres en bois (et maintenant tous bien à l’endroit) sur le petit présentoir décoré d’animaux, cadeau de Noël de sa Mamé. Eléonore reconnait le zéro à coup sûr, les autres ça dépend… Elle commence aussi à reconnaître certaines lettres A, E (pour Eléonore évidemment!), M, N (difficiles à distinguer dans sa diction) et O.
  • A toujours du mal avec les couleurs par contre. Tout est alternativement bleu ou jaune. Pourtant elle connaît et prononce (grosso modo hein) le violet, rose, vert, blanc et marron.
  • A encore et toujours une passion pour les bus (prononcé « beuuuuu ») dès que nous sommes en voiture. Elle n’a de cesse de le répéter tant que nous n’avons pas acquiescé que oui, il y avait bien un bus. Qui sont pour elle, toujours jaunes… (en grande majorité quand même car les bus de ville de Turku sont jaunes).
  • Aime aussi se faire nommer tout engin motorisé à 4 roues (ou plus) et différent d’une voiture que l’on croise: camion-citerne, bétonnière, camion-poubelle… Bien évidemment, ils sont souvent jaunes (dans le monde d’Eléonore du moins…).
  • Adore les séances hebdomadaires de bébé-nageurs à la piscine (« pipime ») et nous en parle tout au long de la semaine. Elle n’oublie pas de mentionner les deux monitrices: Irene (la façon dont elle le prononce est assez impossible à retranscrire) et Hannukka (« Kuka » -> dyslexie?!).
  • A subi sa première vraie attaque de gastro. Malade pendant une semaine, fièvre, vomis (dont bien sûr en pleine nuit à 2 heures du mat’ c’est plus drôle), couches cataclysmiques… Elle en a profité pour contaminer ses deux parents, qui fort heureusement n’ont subi qu’une forme très atténuée du virus.
  • A une vraie passion pour les deux imagiers qu’elle possède et peut passer un temps incroyablement long (pour son âge! Genre 15 minutes!) à les feuilleter, pointer du doigt les « beuuuuu » (évidemment), les animaux, les fruits etc…
  • Prévient quand elle fait pipi ou caca (pas systématiquement) mais n’a toujours pas l’air prête pour le pot.
  • Sait très bien se moucher comme une grande (on lui tient le mouchoir pour plus de sécurité quand même…).
  • Enrichit tous les jours son vocabulaire (avec une prononciation bien à elle) en répétant comme un petit perroquet tout ce que ses parents disent.
  • Plusieurs fois par jour montre mon ventre qui s’arrondit en s’exclamant « bébé! ».
  • Adore regarder les albums (« babums ») photos que j’ai enfin pris le temps de faire depuis sa naissance. 21 mois résumés en près de 400 photos entre France, Finlande, Pays-Bas…
  • Commence à être capricieuse et si on n’en pas encore au stade du « je me roule par terre », on sait déjà qu’Eléonore sait très bien taper du pied quand elle n’a pas ce qu’elle veut (quoi comme sa mère?).
  • A une façon adorable et prend un ton très drôle qui nous fait beaucoup rire pour dire « NOOOON ». Au bout de dix jours de ce régime, on s’en lasse pourtant…

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