Leikkipaikka

Ou littérallement « endroit de jeux ». Ce pseudo jardin d’enfants, qui n’a pas vraiment d’équivalent hors de Finlande (et même hors de Turku), est un système de garde d’enfants très souple, et pour une somme très modique, mis en place par la ville de Turku. Un peu partout dans la ville et dans les communes alentour on trouve ces aires de jeux qui accueillent les enfants à partir de 1 an et demi et jusqu’à la scolarisation (pour rappel, à 6-7 ans en Finlande), le matin de 9h à 12h30, du lundi au vendredi, et … uniquement en extérieur! Ce dernier point a de quoi surprendre nos mentalités de français, et pourtant dans le nord de l’Europe on ne craint pas le froid, la pluie ou le soleil pour nos chères petites têtes blondes qui ne sont pas en sucre. En Finlande, comme dans d’autres pays européens tels qu’en Allemagne, on aime ainsi être en extérieur et profiter de la nature et ce, quelle que soit la saison. Car si on en croit un dicton que j’ai lu récemment et qui était, je crois, attribué à nos voisins norvégiens : « il n’y a pas de mauvaise météo, il n’y a que des mauvais équipements ».

Avant notre départ pour la France en avril dernier, Eléonore et moi étions donc allées « visiter » le leikkipaikka le plus proche de chez nous. C’est-à-dire au bout du lotissement et à environ 300 mètres de la maison, lucky us! Après cette première prise de contact, Eléonore était impatiente de rentrer en Finlande après l’été pour commencer enfin à aller au leikkipaikka afin d’assouvir sa passion pour les châteaux de sable, de braver le grand toboggan et de faire de la balançoire jusqu’à épuisement.

Dès le surlendemain de notre retour sur le sol finlandais en août dernier, nous avons donc commencé l’adaptation pour Eléonore. Sur les conseils avisés de Janna, la responsable du leikkipaikka, nous y sommes allées graduellement et durant la première semaine je suis restée tout le temps avec Eléonore dans l’enceinte du jardin d’enfant. Après m’avoir beaucoup sollicitée les premiers jours, Eléonore a commencé petit à petit à s’éloigner de plus en plus de moi pour jouer. Tout en me gardant à l’oeil tout de même!

Au bout d’une semaine de ce régime, nous avons décidé d’entamer les choses sérieuses et le lundi 1er septembre (alors que super Daddy s’était envolé la veille pour Nagoya) je déposais Eléonore au leikkipaikka sans y entrer à mon tour… Ce qui devait arriver arriva, Eléonore ne voulait pas y entrer et quand je l’ai finalement déposée dans les bras de Janna, elle s’est mise à hurler à la mort (ou presque, j’exagère de façon volontaire pour faire monter l’émotion) tandis que je tournais les talons, le coeur serré et les larmes aux yeux, avec mon petit Gabriel roupillant paisiblement dans sa poussette, loin de toute cette agitation. Après une rapide promenade dans les bois environs, je revenais récupérer Eléonore qui avait fini par se calmer. Pour se remettre à pleurer aussitôt qu’elle me vit…

Après ce début un peu chaotique (mais quoi de plus normal finalement pour une première fois), les jours suivants se sont plutôt bien déroulés. Le deuxième jour Eléonore serrait sa petite bouche à l’envers et remplissait ses yeux de larmes à mon départ… mais était contente de me retrouver au bout d’une demie heure. Le troisième jour, ni cris, ni larmes, et une petite fille fière de m’annoncer sur le chemin du retour « ai pas pleu’é moi! ». Bref, en une semaine à peine l’histoire était réglée et à présent Eléonore va toujours au leikkipaikka avec plaisir, elle ne jette même plus un regard en arrière quand je la dépose (c’est moi qui en pleurerait presque maintenant 😉 ) et est toujours ravie de me retrouver et de me raconter ce qu’elle a fait durant sa matinée.

Nous avions quelques appréhensions sur l’immersion d’Eléonore dans un environnement 100% finnophone. Arriverait-elle à se faire comprendre? Comprendrait-elle ce qu’on lui dit? Jouerait-elle avec les autres enfants malgré une communication verbale impossible (du moins au début)? Hé bien comme tout le monde nous l’avait dit, les enfants s’avèrent de petits êtres infiniment plus adaptables que nous autres adultes. Si on excepte les premiers jours (mais il faut préciser que cela faisait plusieurs mois qu’Eléonore n’avait plus entendu de finnois, durant notre séjour prolongé en France), Eléonore n’a semble t’il jamais été gênée par l’emploi d’une autre langue que sa langue maternelle. Apparemment elle comprend, ou devine peut-être?, ce qu’on lui dit puisqu’elle me raconte parfois ce que lui ont dit Janna ou Elena, les deux dames qui s’occupent des enfants. Elle commence aussi à dire quelques mots, essentiellement à base de toboggan, balançoire, et les incontournables bonjour et merci qu’elle connaissait déjà. Mais le plus drôle à voir est qu’elle semble désormais capable de capter certains mots dans les conversations. A titre d’exemple, samedi après-midi dernier nous étions sortis dans un grand parc de Turku afin de tenter d’épuiser notre infatigable fille à coup de toboggan, de marche à pied et autres activités physiques. Et pendant que super Daddy la poussait inlassablement sur la balançoire, Eléonore écoutant sa voisine de balançoire déviser avec son papa en finnois, s’est soudain mise à décliner le mot « liukumäki » = toboggan. Encore quelques mois et elle finira probablement par nous apprendre des rudiments de finnois!
Edit du 9 octobre à 12h30: et voilà comment je la récupère ce midi après une bonne matinée apparemment!
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6 Commentaires

Classé dans Famille, Quotidien

6 réponses à “Leikkipaikka

  1. Ninie

    Super article!! Énorme la photo du jour! 😀

  2. Ludy

    C’est génial! Vive la Finlande!

  3. jéjé&pilipon

    Bravo Eléonore devient une grande fille c’est super, et super équipement adéquat pour ce jardin d’enfant!!! Gros bisous les findus, nous ce week end étions dans les châteaux de la loire, super beau soleil samedi au château de chenonceau mais temps pourri aujourd’hui!!c’est le jeu et n’avions pas « les équiepements » adéquat donc trempés de la tête au pied 🙂
    gros bisous

  4. baert caroline

    Son papy reste convaincu et certainement à raison que c’est une future grande sportive ! Elle est plus forte que son père : 3 jours d’adaptation!!!Nico il lui a fallu 3 mois, et encore en négociant moins de cantine! Les enfants devraient pas faire pleurer leur maman comme ça ; on les abandonne pas quand même!! Merci pour cet article , plein de bisous à vous 4. Caro.

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