Archives mensuelles : février 2015

Leçon de finnois #6 : le présent de l’indicatif

Contrairement à ce que j’avais annoncé à la fin de la leçon #5, je ne parlerai pas tout de suite des 11 autres déclinaisons. D’abord parce que je n’en connais réellement qu’une moitié et ensuite parce que je n’ai pas encore d’idée pour rendre l’article plus intéressant qu’un vulgaire catalogue. En attendant de trouver l’inspiration je vous propose de voir autre chose de plus facile et, à mon sens, de bien plus essentiel : le présent de l’indicatif.

La conjugaison en finnois est assez simple si j’ose dire. Les terminaisons des verbes sont relativement logiques d’un temps à un autre et la langue n’admet aucune exception, aucun cas particulier. La seule vraie difficulté est de savoir comment modifier le radical du verbe juste avant de lui ajouter sa terminaison et cela est régi par des règles. Par 27 règles pour être précis… Ces règles ont donné naissance à des regroupements de verbes qui se comportent de façon similaire. Ainsi, tous les verbes du finnois tombent dans une de ces 27 catégories et chaque catégorie est identifiée par son verbe exemplaire. Il y a par exemple le groupe des verbes qui se conjuguent comme sanoa et qui comporte à peu près tous les verbes qui se terminent avec –voyelle+a (ou ä) (aikoa, haipua, eksyä, etc…). Ce système fait que certaines catégories (comme celle que je viens de citer) sont très densément peuplées et que certaines ne regroupent qu’une poignée de verbes un peu bizarres (qu’on serait très tenté d’appeler exceptions…).

Voyons donc deux exemples issus des 2 catégories de verbes les plus représentées dans la langue (qui a elles seules regroupent environ 80% des verbes) :

Sanoa (dire)                       muistaa (se souvenir)

Minä sanon                         muistan

Sinä sanot                           muistat

Hän/se sanoo                     muistaa

Me sanomme                     muistamme

Te sanotte                           muistatte

He/ne sanovat                   muistavat

Au passage vous pouvez découvrir les pronoms personnels de la langue. Notez que hän et he sont neutres et peuvent désigner aussi bien des hommes que des femmes.

Apprenez également qu’en finnois, comme en espagnol, les pronoms personnels sont facultatifs, sauf hän et he qui sont obligatoires à l’écrit comme à l’oral. On peut donc dire ou écrire haluan pour dire « je veux ».

Les pronoms se et ne s’utilisent pour parler des objets, pas des personnes. Se correspond exactement au it anglais et ne est sa version plurielle.

Vous remarquez que les terminaisons ne sont pas bien complexes et que les radicaux des verbes sont ici très conservés puisqu’il a suffi d’enlever le dernier –a de leur infinitif pour leur ajouter les terminaisons. Ces deux groupes de verbes correspondent en effet à la majeure partie des verbes de la langue et on pourrait très bien les appeler verbes réguliers.

Mais, mais, mais… il ne faudrait pas oublier notre ami l’affaiblissement consonantique et son inégalable talent pour compliquer tout ce qu’il touche. Car l’appartenance des verbes à telle ou telle catégorie ne les exempte pas de l’affaiblissement consonantique. Prenons un exemple simple : kirjoittaa, qui signifie écrire. Ce verbe, je vous l’annonce, appartient à la catégorie des verbes qui se conjuguent comme muistaa que nous venons de voir.

On s’attend donc à avoir :

Kirjoittan

Kirjoittat

Kirjoittaa

Kirjoittamme

Kirjoittatte

Kirjoittavat

Sauf que non. Dans ce cas il vous savoir que les deux –tt ne sont pas réglementaires et vont devoir subit un affaiblissement consonantique pour devenir –t … mais pas à toutes les personnes. La vraie conjugaison de kirjoittaa est la suivante :

Kirjoitan

Kirjoitat

Kirjoittaa

Kirjoitamme

Kirjoitatte

Kirjoittavat

L’affaiblissement consonantique n’affecte jamais les 3ème personnes du singulier et de pluriel.

Un autre exemple : le verbe lukea (lire) qui appartient au groupe des verbes qui se conjuguent comme laskea, admet un affaiblissement consonantique de type k → ø et donne la conjugaison suivante :

Luen

Luet

Lukee

Luemme

Luette

Lukevat

Vous savez maintenant tout ce qu’il y a à savoir sur le présent de l’indicatif en finnois. Retenez donc les terminaisons : -n / -t / -voyelle / -mme / -tte / -vat, le fait que les pronoms sont facultatifs sauf hän et he pensez à l’affaiblissement consonnantique.

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7 mois

7 mois. 7 choses que tu sais déjà faire. 7 choses que tu ne sais pas encore faire.

Tu sais :

  • tenir assis depuis presque deux semaines. Comme ça, à notre retour de vacances de Laponie, Superdaddy te pose par terre et « oh regarde il tient assis! »
  • t’occuper seul pendant des moments de plus en plus longs. Interrompus dès que ta soeur débarque et t’arrache des mains le jouet que tu contemplais.
  • manifester tes envies et tes refus de façon on ne peut plus claire. Les cris de putois ou les « prrlllprrrlllprrrlll » quand on tente vainement de forcer le barrage de tes lèvres pour te donner encore une cuillerée de purée en sont un exemple d’assez belle facture!
  • traverser le salon en ramping-commando en moins de 7 secondes quand tu as quelque chose en vue.
  • te servir de tes deux incisives en bas pour, au choix, croquer un morceau de pomme crue/dévorer un livre ou un morceau de puzzle/mordre un doigt qui aurait le malheur de passer à portée de ta bouche…
  • (et tu adores) te mettre sur tes genoux en aggripant la tablette sous ta chaise haute. Ainsi tu passes de longues minutes « attablé » à tambouriner de tes petites mains sur ce plateau improvisé. Jusqu’à la chute, aïe.
  • nous faire craquer en un instant avec ce sourire charmeur qui te caractérise, les deux fossettes en prime.

Tu ne sais pas :

  • dormir plus de 4 heures d’affilée la nuit…
  • te défendre contre ta soeur qui te traîne par les pieds, te cogne sciemment des objets sur la tête ou t’étouffe sous ses câlins. Cela dit, de l’avis général quand tu en seras capable, il y en une qui va se prendre un retour de flammes!
  • tenir debout, et encore heureux! Néanmoins tu ne te laisses pas décourager comme en témoignent tes nombreuses tentatives pour te hisser à bout de bras sur tout ce qui t’entoure, jusqu’à poser tes petits pieds potelés bien à plat sur le sol. Les cascades qui en résultent n’entament toujours pas ta détermination.
  • jouer calmement dans ton lit quand tu te réveilles. Contrairement à ta grande soeur, tes réveils sont synonymes de pleurs et d’appels auxquels on doit répondre de façon assez prompte, sous peine de réveiller toute la maison. Et les voisins.
  • sucer ton pouce. Enfin si, techniquement tu sais. Mais manifestement tu n’y trouves pas grand réconfort et dans les moments de grosse fatigue ou de grosse colère, c’est toujours vers le sein maternel que tu te tournes.
  • te tenir calmement allongé sur la table à langer au moment de te changer/t’habiller. Guirlande lumineuse, mobile, jouet dans les mains ne parviennent pas à t’empêcher de te contorsionner comme un ver de terre, jusqu’à te retourner sur le ventre.
  • qu’il est interdit de mettre les doigts dans les prises ou de s’accrocher au pot du yucca, et tu as l’air bien décidé à continuer de l’ignorer tant nos rappels à l’ordre restent complètement sans effet. Il y a quelques jours quand tu t’approchais dangeureusement du malheureux yucca déjà par trois fois accidenté, et que je t’ai signé « non, non » du doigt, tu m’as regardé. Et tu as rigolé.

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Kevät on tulossa

Il y a du printemps dans l’air ces derniers jours à Turku. Même si la neige est encore là (et est encore tombée cette nuit), les températures poussent de quelques degrés celsius au dessus de zéro (youhou!), les oiseaux sont revenus de leur migration hivernale et chantent à tue-tête, les journées s’allongent, et surtout un magnifique soleil réchauffe l’atmosphère.

Un avant-goût de printemps lors de ma balade matinale avec Gabriel, tandis qu’Eléonore continue de profiter de la luge au leikkipaikka 🙂

 

 

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Laponie, première dent et nuits moisies

Après l’édition 2013, nous avons renouvelé notre passage du cercle polaire arctique pour aller passer une semaine en Laponie dans un chalet au nord-ouest de Rovaniemi. Cette année nous étions bien évidemment accompagnés de nos deux enfants, mais aussi du frère de Superdaddy, le bien-aimé parrain d’Eléonore, et de tata Fanny. Après deux heures de route pendant lesquelles Gabriel nous a gratifié d’un merveilleux dyptique : « 1 heure je dors – 1 heure je hurle » nous avons retrouvé nos acolytes à l’aéroport d’Helsinki.

Embarquement immédiat pour Rovaniemi! 1h20 de vol durant laquelle Gabriel (a hurlé) a été très sage. Et durant laquelle Eléonore a : écrit au feutre sur la tablette, fermé sans cesse le volet du hublot et détaché sa ceinture de sécurité durant la phase de décollage et d’aterrissage, renversé son gobelet d’eau sur son collant, perdu sa souricette une demie douzaine de fois sous les pieds des voisins (français) de derrière, etc… Merveille du voyage avec (nains relous) enfants chéris.

Arrivés sur place et ayant récupéré les clés de notre destrier pour la semaine (ah bah non en fait la voiture nous attendait sagement sur le parking, clés sur le contact, démarrée, chauffage en route, depuis une bonne demie-heure. Peur du quoi? Du vol?) (Si vous aussi vous êtes surpris par cet évènement c’est que vous n’êtes pas finlandais…) nous nous sommes dirigés vers le centre de Rovaniemi pour nous restaurer et nous approvisionner en nourriture et boissons diverses pour la semaine.

C’est que quand on passe une semaine dans un chalet isolé de la civilisation, au beau milieu d’une forêt et au bout d’un chemin enneigé sur lequel on ne roule pas à plus de 20 km/h et que le magasin le plus proche est situé à 20 kilomètres de là, on essaye de ne pas oublier d’acheter le lait pour le petit-dèj! Ah bah si en fait (poke mon mari 😉 )…

Bref, après les contingences matérielles place à : la nature, la neige, la piste de luge percée à la sueur du front dans 80 centimètres de neige, aux descentes de luge (sic), aux jeux de société au coin du feu de cheminée, à la visite du musée Arktikum (excellent moment, à recommander et surtout avec des enfants!), à un après-midi de moto-neige pour les chanceux (=non-maman de deux enfants), à des bonnes bouffes, à du vin chaud sans alcool, à de la soupe de myrtilles, à du renne séché et de la bière lapone pour l’apéro, à des nuits allègrement hachées menues (à la fois par Gabriel et Eléonore) et à la percée d’une première incisive pour Gabriel!

Pfiouuu la Laponie c’était bien, mais c’était un peu fatiguant. Dommage pour des vacances 😉

 

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