Leçon de finnois #6 : le présent de l’indicatif

Contrairement à ce que j’avais annoncé à la fin de la leçon #5, je ne parlerai pas tout de suite des 11 autres déclinaisons. D’abord parce que je n’en connais réellement qu’une moitié et ensuite parce que je n’ai pas encore d’idée pour rendre l’article plus intéressant qu’un vulgaire catalogue. En attendant de trouver l’inspiration je vous propose de voir autre chose de plus facile et, à mon sens, de bien plus essentiel : le présent de l’indicatif.

La conjugaison en finnois est assez simple si j’ose dire. Les terminaisons des verbes sont relativement logiques d’un temps à un autre et la langue n’admet aucune exception, aucun cas particulier. La seule vraie difficulté est de savoir comment modifier le radical du verbe juste avant de lui ajouter sa terminaison et cela est régi par des règles. Par 27 règles pour être précis… Ces règles ont donné naissance à des regroupements de verbes qui se comportent de façon similaire. Ainsi, tous les verbes du finnois tombent dans une de ces 27 catégories et chaque catégorie est identifiée par son verbe exemplaire. Il y a par exemple le groupe des verbes qui se conjuguent comme sanoa et qui comporte à peu près tous les verbes qui se terminent avec –voyelle+a (ou ä) (aikoa, haipua, eksyä, etc…). Ce système fait que certaines catégories (comme celle que je viens de citer) sont très densément peuplées et que certaines ne regroupent qu’une poignée de verbes un peu bizarres (qu’on serait très tenté d’appeler exceptions…).

Voyons donc deux exemples issus des 2 catégories de verbes les plus représentées dans la langue (qui a elles seules regroupent environ 80% des verbes) :

Sanoa (dire)                       muistaa (se souvenir)

Minä sanon                         muistan

Sinä sanot                           muistat

Hän/se sanoo                     muistaa

Me sanomme                     muistamme

Te sanotte                           muistatte

He/ne sanovat                   muistavat

Au passage vous pouvez découvrir les pronoms personnels de la langue. Notez que hän et he sont neutres et peuvent désigner aussi bien des hommes que des femmes.

Apprenez également qu’en finnois, comme en espagnol, les pronoms personnels sont facultatifs, sauf hän et he qui sont obligatoires à l’écrit comme à l’oral. On peut donc dire ou écrire haluan pour dire « je veux ».

Les pronoms se et ne s’utilisent pour parler des objets, pas des personnes. Se correspond exactement au it anglais et ne est sa version plurielle.

Vous remarquez que les terminaisons ne sont pas bien complexes et que les radicaux des verbes sont ici très conservés puisqu’il a suffi d’enlever le dernier –a de leur infinitif pour leur ajouter les terminaisons. Ces deux groupes de verbes correspondent en effet à la majeure partie des verbes de la langue et on pourrait très bien les appeler verbes réguliers.

Mais, mais, mais… il ne faudrait pas oublier notre ami l’affaiblissement consonantique et son inégalable talent pour compliquer tout ce qu’il touche. Car l’appartenance des verbes à telle ou telle catégorie ne les exempte pas de l’affaiblissement consonantique. Prenons un exemple simple : kirjoittaa, qui signifie écrire. Ce verbe, je vous l’annonce, appartient à la catégorie des verbes qui se conjuguent comme muistaa que nous venons de voir.

On s’attend donc à avoir :

Kirjoittan

Kirjoittat

Kirjoittaa

Kirjoittamme

Kirjoittatte

Kirjoittavat

Sauf que non. Dans ce cas il vous savoir que les deux –tt ne sont pas réglementaires et vont devoir subit un affaiblissement consonantique pour devenir –t … mais pas à toutes les personnes. La vraie conjugaison de kirjoittaa est la suivante :

Kirjoitan

Kirjoitat

Kirjoittaa

Kirjoitamme

Kirjoitatte

Kirjoittavat

L’affaiblissement consonantique n’affecte jamais les 3ème personnes du singulier et de pluriel.

Un autre exemple : le verbe lukea (lire) qui appartient au groupe des verbes qui se conjuguent comme laskea, admet un affaiblissement consonantique de type k → ø et donne la conjugaison suivante :

Luen

Luet

Lukee

Luemme

Luette

Lukevat

Vous savez maintenant tout ce qu’il y a à savoir sur le présent de l’indicatif en finnois. Retenez donc les terminaisons : -n / -t / -voyelle / -mme / -tte / -vat, le fait que les pronoms sont facultatifs sauf hän et he pensez à l’affaiblissement consonnantique.

1 commentaire

Classé dans Linguistique

Une réponse à “Leçon de finnois #6 : le présent de l’indicatif

  1. MN Teglia

    On a combien de temps pour réviser avant le contrôle écrit???

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