Crème solaire et cancer : l’infâme complot… ou presque

Tout a commencé avec une banale conversation de voisinage. Notre voisin (un de ses amis, pour être tout à fait exact) prenait tranquillement le soleil dans le jardin en ce bel après-midi de mai. Il me semble pertinent de souligner, avant d’aller plus loin, qu’il n’était vêtu que d’un caleçon et avait disposé une serviette humide sur sa tête. Je préfère préciser parce que ça plante bien le décor et que dans ce contexte, c’est important (et cocasse). Notre ami ridicule, engage donc la conversation, faisant ainsi fi de la barrière qui nous sépare, littéralement et métaphoriquement. Rétrospectivement je me dis qu’il s’est peut-être senti obligé de se justifier, gêné par nos regards en coin et la perplexité qui, sans doute, transparaissait sur nos visages ébaubis par le spectacle de cet éphèbe pâlichon qui se cinglait le corps avec une (autre) serviette mouillée.

Le jeune homme nous explique donc que son dispositif à base de serviettes blanches et humides lui sert à garder son corps frais et donc à ne pas souffrir du soleil tout en profitant de ses bienfaits. Sur quoi il se sent obligé de rajouter qu’il n’utilise pas de crème solaire au motif que ce sont elles et non le soleil qui donnent le cancer de la peau. A ce moment de la conversation je rassemble toute mes forces pour museler mon envie de lui hurler qu’il est idiot. Au terme d’une féroce lutte interne, je parviens à me contenir et décide de lui laisser une chance de s’expliquer, me permettant ainsi de guetter le point faible de son raisonnement. « Ce sont les produits chimiques contenus dans les crèmes qui donnent le cancer, me dit-il. C’est le professeur de la peau (sic) qui l’a dit. Mais tu sais, rajoute-t-il, ça c’est un coup de l’industrie pharmaceutique. Ils veulent juste se faire de l’argent alors ils nous vendent des produits chimiques. ». Je sens que le mal est profond. Je suis en présence d’un homme convaincu par une prétendue figure d’autorité et souffrant d’adhésion à la théorie du complot pharmaceutique. Il m’apparaît évident que rien que je puisse dire n’aura de prise sur lui. Et en toute honnêteté je me tamponne allègrement du mélanome de l’ami de mon voisin. Qui est en slip, rappelons-le. J’acquiesce avec l’hypocrisie caractéristique du gentil-voisin-qui-n’en-à-rien-à-foutre et je retourne remettre son chapeau à mon fils qui vient de l’enlever pour la 32ème fois en 5 minutes.

Mais cette histoire me perturbe. Non pas que je croie une seule seconde à ce qu’il vient de me raconter mais parce que cela me fait me demander : comment des gens en arrivent-ils à croire des trucs pareils ? Qui est assez fourbe et malhonnête pour disséminer une telle quantité de désinformation au grand public ? Et plus largement : quand et comment en est-on arrivé à un tel niveau de défiance envers l’industrie pharmaceutique, la médecine et la science en général ?

Cette histoire fait écho à la fameuse pétition du professeur Joyeux à propos du vaccin DTP, et de façon plus large à la mouvance anti-vax. Ce sujet me tenant particulièrement à cœur je tâcherai de vous en parler, mais pas dans ce billet que je vais consacrer uniquement à cette histoire de crème solaire.

Pour aborder cette affaire de façon saine et constructive je vais appliquer la méthode zététique. Cette méthode consiste tout simplement à analyser les preuves de la façon la plus objective possible tout en suspendant son jugement le temps de l’analyse. Dans la pratique je vais m’efforcer d’oublier tout ce que je tiens pour acquis (dans ce cas précis que les crèmes solaires nous protègent des UV et donc du cancer de la peau induit par le soleil) et de regarder posément l’ensemble des preuves existantes sur le sujet. Après analyse des preuves je pourrai alors tirer mes propres conclusions.

Commençons tout d’abord par retrouver la source de cette info à propos des crèmes solaires qui donnent le cancer. Une rapide recherche sur Google me ressort une pelleté de sites web contenant des articles du type « Does Sunscreen Lotion Actually Cause Cancer? ». J’ouvre ce dernier en particulier parce qu’il est construit sous forme d’une liste d’arguments et qu’il est donc plus facile de les examiner un par un. La première chose qui me frappe avant même d’avoir entamé la lecture de l’article c’est la nature du site web : the Better Health Store, qui comme son nom l’indique est une boutique en ligne qui vend des compléments alimentaires, vitamines et autres remèdes naturels. Ce qui me choque ici ce n’est pas tant ce qu’on veut me vendre que le fait qu’on veuille me vendre quelque chose. Je n’ai pas commencé à lire l’article mais il apparaît ici déjà de façon évidente que l’information sera biaisée dès lors qu’elle incitera le consommateur à acheter. Rappelons-nous que ce sont les mêmes personnes qui dénoncent le complot de l’industrie pharmaceutique, et rions de bon cœur devant cette ironie. Notons qu’un article similaire intitulé : « Scientists Blow The Lid on Cancer & Sunscreen Myth » est disponible sur le site Realfarmacy.com. Une rapide recherche m’apprend que ce site est notoirement connu pour rapporter des fausses vérités scientifiques (ou des semi-vérités, ce qui est la même chose). Le site appâte le chaland avec des titres racoleurs, clamant détenir une vérité que la big bad pharma et le gouvernement nous cacheraient. Dans un cas comme dans l’autre on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une source objective d’information scientifique. Mais peut-être ne font-ils que relayer des publications scientifiques sérieuses, allons voir de plus près.

Les deux articles s’ouvrent en citant la même source : un rapport de l’EWG (Environmental Working Group), une organisation américaine à but non-lucratif. D’après leur site web leur mission consiste à informer le public pour le protéger contre les risques sanitaires et environnementaux. Le rapport en question s’intitule : « Eight Little-Known Facts About Sunscreens » (cliquez sur le lien si vous voulez voir le rapport, disponible en anglais uniquement).

Ma tâche se voit facilitée par le fait que l’article du Better Health Store reprend (à sa sauce) les 8 points énoncés par le rapport de l’EWG. Il semble donc que je sois remonté à la source de l’info, entamons donc la lecture point par point.

1) There’s no proof that sunscreens prevent most skin cancer.

(Traduction : Il n’y a pas de preuves que les crèmes solaires protègent contre la plupart des cancer de la peau)

Il y a déjà un mot intéressant dans ce titre : « most ». En lisant l’article détail on apprend les choses suivantes :

  • Il existe des preuves solides montrant que l’usage de crème solaire réduirait le risque de carcinome spinocellulaire
  • Pas de preuves solides liant l’utilisation de crème solaire à une diminution du risque de mélanome malin ou de carcinome basocellulaire.
  • L’exposition répétée aux UV-A et UV-B favorise l’apparition de ces trois types de cancers de la peau.
  • L’utilisation de cabines de bronzage augmente dramatiquement l’incidence du mélanome malin.
  • Il existe des études scientifiques montrant une réduction de l’incidence du mélanome chez les utilisateurs de crèmes solaires
  • Des études ne montrant pas de liens entre crème solaire et incidence du mélanome
  • Des études montrant une augmentation de l’incidence du mélanome chez les utilisateurs fréquents de crème solaire.

En somme il apparaît que contrairement à ce que je pensais il n’existe pas de consensus scientifique liant l’usage de crème solaire et la prévention contre les cancers de la peau. Mais il y a une raison évidente à cela. Comme pour tout autre produit de santé (comme les médicaments par exemple) la seule façon de prouver irréfutablement ce lien serait de mener un essai clinique sur trois groupes de volontaires : un groupe crème solaire + exposition au soleil, un groupe exposition au soleil sans crème et un groupe crème sans exposition au soleil. On mesurerait alors la fréquence d’apparition de cancers cutanés dans chacun des groupes et on saurait pour de bon si la crème solaire protège ou non contre le cancer. Je vous souhaite bien du courage pour  justifier votre étude devant le comité d’éthique. Sans ce genre d’essai on ne peut qu’effectuer des études épidémiologiques qui sont certes intéressantes, mais incapable de déceler le rôle précis des crèmes solaires dans la survenue d’une pathologie aussi complexe que le mélanome. Car oui comme pour tous les types de cancers on ne saurait l’imputer seulement à un facteur. On sait que les rayons UV augmentent fortement le risque d’apparition mais il y a toute une palanquée d’autres facteurs environnementaux, génétiques, alimentaires, comportementaux qui interviennent également. Un essai clinique en conditions contrôlées permet d’exclure ou de minimiser l’influence de ces autres facteurs, les études épidémiologiques ne le peuvent pas (ou dans une très faible mesure).

L’article conclut sur le fait que les meilleures protections contre les rayonnements solaires restent les vêtements, chapeaux, murs en bétons, etc… Qu’on croie en la protection des crèmes solaires ou pas, ça me semble être une évidence.

2) Don’t be fooled by high SPF

(Traduction : Ne vous laissez pas abuser par les hauts SPF)

Je ne m’étendrais pas trop sur ce point car il concerne particulièrement la régulation américaine. En effet aux USA les fabricants ont encore le droit d’étiqueter des SPF > 50. L’association dénonce cette pratique et souhaite s’aligner sur le modèle canadien et Européen ou l’allégation maximum autorisée est SPF 50+. Ils justifient leur démarche en partant du principe (sain) qu’un SPF trop important donnerait au consommateur un faux sentiment de sécurité qui pourrait le pousser à s’exposer plus longtemps.

3) The common sunscreen additive vitamin A may speed development of skin cancer.

(Traduction : La vitamine A, un additif commun des crèmes solaires, pourrait accélérer le développement des cancers de la peau)

Ah c’est peut-être à cela que l’homme en slip faisait référence. Voyons de quoi il retourne. L’EWG cite un rapport émis par un groupe de scientifiques de la FDA (Food and Drug Administration). Tout d’abord quel est le problème ? Le problème que soulève l’EWG est qu’environ 20% des protections solaires sur le marché américain contiennent du palmitate de rétinyle, un dérivé de la vitamine A. Déjà on décèle un premier niveau de désinformation dans le titre qui parlait de la vitamine A et non d’un de ces dérivés. Ça peut paraître un détail mais en chimie la différence entre une molécule et un de ses dérivés peut être capitale. Mais continuons. Cette molécule (également retrouvée dans de nombreux produits cosmétiques) est ajoutée dans les crèmes solaires en vertu de son effet antioxydant et préviendrait donc le vieillissement cutané dû au soleil. Or la fameuse étude montre une augmentation des lésions cancéreuses cutanées chez des souris lorsque celles-ci sont tartinées de palmitate de rétinyle et exposées à un rayonnement solaire artificiel.

Le gros problème ici ce n’est pas tant l’étude en elle-même que les conclusions que tire l’EWG à partir d’une seule expérience sur l’animal. L’expérience permet de dire ceci : l’application d’une émulsion hydrolipidique contenant 0,1 à 2% de palmitate de rétinyle sur la peau de souris exposées à des UV-A et B pendant 4 heures par jour augmente significativement la survenue de lésions cancéreuses cutanées par rapport au groupe témoin. Elle ne permet pas de dire : les crèmes solaires contenant du palmitate de rétinyle favoriseraient le cancer de la peau chez l’homme. Premièrement, en clinique, on ne passe pas facilement de la souris à l’homme. Deuxièmement, l’émulsion utilisée sur les souris ne contenait que du palmitate de rétinyle, or une crème solaire contient bien d’autres molécules qui pourraient potentiellement annihiler l’effet carcinogène observé chez la souris (ou le potentialiser, tant qu’on n’a pas testé, on ne sait pas.)

Il est inconcevable dans le milieu scientifique qu’une seule étude fasse office de preuve suffisante pour remettre en question toute une industrie. J’ai effectué des recherches avec les mots clés « retinyl palmitate », « skin cancer », «  melanoma » et il est vrai que la littérature scientifique est assez pauvre quand il s’agit de connaître les effets d’une application cutanée de palmitate de rétinyle. Il existe néanmoins une autre étude, publiée en 2009 (donc antérieure au rapport de la FDA) dans le journal Mutation Research/Genetic Toxicology and Environmental Mutagenesis (un journal scientifique peer-reviewed). Cette étude a testé l’effet du palmitate de rétinyle sur des cellules ovariennes de hamster avant et après irradiation aux UV-A. La conclusion des auteurs est la suivante : « On the basis of our data and taking into account exposure levels, we conclude that application of retinyl palmitate to human skin is unlikely to pose a local or systemic genotoxic or photo-genotoxic risk ». Cependant, là encore il convient de faire attention. Cette étude comporte quelques écueils selon moi. Le premier, et non des moindres, c’est qu’elle a été effectuée par des chercheurs de L’ORÉAL et COVANCE. Ce conflit d’intérêt est reporté de façon transparente dans l’article mais il enlève, il faut l’avouer, un peu de crédit aux conclusions. Autre problème, justement, la conclusion de l’étude. L’expérience utilise des cellules ovariennes de hamster, irradiées uniquement aux UV-A (alors que le rapport de la FDA utilisait des UV-A et B pour mimer au mieux la lumière solaire) et conclut à l’innocuité du palmitate de rétinyle sur la peau humaine. Je ne suis pas reviewer pour ce journal mais si c’était le cas je n’aurais jamais autorisé qu’une telle conclusion soit écrite. A part ça l’étude est assez sérieuse et il faut au moins créditer les auteurs pour avoir utilisé des contrôles positifs pour valider leur modèle.

Alors quel est le bilan de ce terrible additif dérivé de la vitamine A dans les crèmes solaires ?

La conclusion la plus audacieuse que l’on peut tirer de ces études est que l’on ne dispose pas d’informations suffisantes pour conclure à une éventuelle photo-toxicité de palmitate de rétinyle chez l’homme. Deux études chez l’animal (dont une in vitro) et allant dans des directions opposées ne permettent en aucun cas de lancer un message aussi alarmiste que le fait l’EWG. Semer ce genre de doute dans l’esprit des consommateurs est une attitude parfaitement irresponsable. Cette information a été reprise par des très nombreux sites web, notamment ceux qui prônent la médecine naturelle, le bio et qui voient d’un mauvais œil tout ce qui est d’origine synthétique (ils aiment utiliser le terme « chimique » qui porte bien injustement une connotation néfaste implicite). Ces sites sautent sur la première occasion pour discréditer aux yeux de leurs clients les effroyables industries pharmaceutiques et cosmétiques et n’hésitent pas à tordre l’information pour la rendre encore plus effrayante. Si vous voulez vous en convaincre je vous invite à lire ce que vous pouvez trouver sur des sites comme « Better Health Store » et comparer leur discours aux données que je viens de vous montrer. Comme je suis sympa je vous offre un petit exemple pour illustrer ce phénomène. Sur le site RealFarmacy.com on peut lire la phrase suivante : « A 2000 Swedish study concluded that higher rates of melanoma occurred in those who used sunscreen versus those who did not. » Qui signifie littéralement que les utilisateurs de crèmes solaires ont plus de mélanomes que ceux qui n’en utilisent pas. Les gens de RealFarmacy.com qui ont pondu ça ont-ils seulement lu le papier ? La vraie conclusion des auteurs est écrite dans l’abstract (le petit résumé de l’étude qui est accessible à tout le monde, même sans abonnement audit journal) et elle dit ceci : «[…] sunscreen use, by permitting more time sunbathing, is associated with melanoma occurrence ». Si on va chercher dans le corps de l’article on trouve un peu plus de détails : « Our present results point to a role of sunscreens in melanoma development. The increased risk of melanoma appeared to be related to how sunscreens actually are used and not to a direct carcinogenic effect of sunscreen components ». Ces deux phrases expliquent de façon claire et non ambiguë que si les auteurs ont pu observer un lien entre une incidence élevée de mélanome et l’utilisation de crème solaire cela ne vient pas d’un effet direct du produit lui-même mais de la façon dont il est utilisé et du comportement des utilisateurs. Si on y réfléchit deux secondes c’est d’une logique implacable. Qui sont les gens qui utilisent de la crème solaire ? Des gens qui exposent leur peau au soleil. Qui sont les gens qui n’utilisent pas de crème solaire ? (En grande partie) ceux qui n’exposent pas ou peu, leur peau ; ceux qui utilisent des vêtements, des parasols, qui sortent en fin d’après-midi, etc… Des gens qui, au final s’exposent à beaucoup moins de rayons UV que les utilisateurs de crèmes solaires. Donc moins de mélanome, CQFD.

Compte tenu de la longueur de cet article je ne vais pas continuer à débunker les autres points. Ils sont tous construits sur le même modèle : une conclusion hâtive basée sur des données insuffisantes ou mal interprétées. On nous avertit par exemple qu’à cause des crèmes solaires notre peau synthétise moins de vitamine D ce qui risque de causer une carence aux conséquences potentiellement graves. C’est vrai que la carence en vitamine D peut être grave. Mais encore une fois leurs conclusions sont basées sur une mauvaise interprétation des données expérimentales et déforment les propos des auteurs. Les experts de l’EWG nous mettent aussi en garde contre les perturbateurs endocriniens qui composent les écrans chimiques ou encore contre les nanoparticules (oxyde de zinc micronisé) qui composent les écrans physiques. Là encore des preuves bancales. Si tout cela vous intrigue ou vous intéresse je ne peux que vous recommander chaudement cet exercice très enrichissant. Vous vous ferez un bien meilleur avis par vous-mêmes qu’en lisant n’importe quel texte qui prétend détenir la vérité (y compris celui-ci).

EN CONCUSION

Je comprends la démarche de l’EWG qui pour une grosse partie de son rapport critique le marché américain des crèmes solaires. J’adhère tout à fait à cette volonté d’inciter les fabricants et les autorités sanitaires à mettre sur le marché des crèmes solaires avec une meilleure protection UV-A et des SPF moins mensongers. En revanche je ne comprends ni ne cautionne cet étalage de pseudosciences et de semi vérités dont la conséquence évidente sera de semer le doute et la peur dans l’esprit des consommateurs envers des produits qui ne sont, certes, pas parfaits, mais qui sauvent des vies (à minima, des coups de soleils). Le vrai message que je ressors de tout ça ce n’est pas que l’industrie pharmaco-cosmétique nous refile le cancer pour ses propres bénéfices. C’est que comme tout le reste dans la vie, la solution se trouve dans la modération. Trop de soleil tue, crème solaire ou pas. Pas assez de soleil n’est pas bon non plus. Les crèmes solaires ne sont pas des produits magiques qui nous permettent de bronzer en toute impunité. Ils sont la solution de moindre mal que la science a trouvée pour éviter que nous brûlions notre peau sur la plage. Si les autorités sanitaires devaient rajouter une mention sur les flacons, je proposerais de mettre en gros caractère : ATTENTION, CE PRODUIT NE DISPENSE PAS DE BON SENS.

3 Commentaires

Classé dans Science

3 réponses à “Crème solaire et cancer : l’infâme complot… ou presque

  1. Nimi

    Très intéressant ! Les raccourcis… le fléau ! Je suis sûre que Jouy savourera l’article 😉

  2. Ninie

    Pas content, pas content!!!

    Invite le pour un dîner de cons!!!

  3. Jawit

    Certes, j’apprécie.
    C’est un sujet que je connais un peu, et il est toujours bon d’y remettre un peu de science.
    Le problème, en tout cas en France, est l’absence d’explication et de mises en garde par les pouvoirs publics. Internet étant ce qu’il est, les contre-vérités y fleurissent. Elles prospèrent sur l’absence de contre-arguments solides.
    Et puis, il y en aura toujours pour penser que les autorités nous mentent, ou qui n’ont pas la patience de lire en détail les études et se contentent de conclusions biaisées.

    Effectivement, le fait qu’il n’existe pas d’étude solide, de type méta-analyse sur plusieurs dizaines de milliers de cas, montrant indubitablement que les produits solaires limitent l’incidence des mélanomes, est handicapant pour les dermatologues. Ton article en souligne très bien les causes, qui relèvent plus de la méthode scientifique et de la puissance statistique nécessaire que du mécanisme de protection proprement dit.
    J’ajouterais que les mélanomes sont longs à se développer (20 ans à la grosse). Les études épidémiologiques ne peuvent pas tenir compte de ce fait, car il est impossible de se souvenir précisément de son historique d’exposition solaire et d’utilisation de produits sur une période aussi longue. S’ajoute à cela tant de facteurs confondant (alimentation, mode de vie, phototype, autres maladies, facteurs génétiques …) qu’il est impossible de conclure en règle générale pour ces études.

    Les dermatologues conseillent de fortes protections car les gens ne mettent pas assez de produits solaires. Là, il faut admettre que cela vient surtout du fait que les protocoles de mesures de SPF utilisent des quantités à mon sens bien trop importantes et irréalistes, c’est à dire 2mg/cm2. Pour utiliser un chiffre plus compréhensible, cela signifie que pour atteindre la protection indiquée sur le pack, il faut se mettre 30g de produit sur le corps entier. Et toutes les deux heures. Et après chaque baignade. Donc tout seul tu flingues déjà un tube par jour quoi …
    C’est un véritable problème, mais personne n’a vraiment l’intention de le résoudre. Donc continuez d’utiliser des indices élevés !

    Pour conclure, la cause psychologique est fondamentale. Si je mets une protection solaire, je me sens protégé. Donc je m’expose plus longtemps. Donc j’ai plus de chance d’avoir un mélanome, car de toute façon je ne mets pas assez de produit, ni assez souvent.

    Enfin, concernant la vitamine D, il faut savoir qu’un faible exposition suffit largement à ne pas être carencé. Genre le visage et les mains 30 minutes par jour lors des périodes de soleil. Prétendre que mettre de la crème solaire entraîne des carences en vitamine D est un mensonge. Un mensonge dangereux qui plus est.

    Si cela vous intéresse, je pourrais aussi débattre sur les filtres organiques, et inorganiques nanoparticulaires, car là par contre il y a vraiment moyen d’avoir un débat sérieux.

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