Père au foyer pour un jour

Dimanche dernier j’ai proposé à Cécile de garder les enfants pour qu’elle puisse profiter d’une croisière sur la Baltique avec Julie, notre invitée du moment. Je me retrouve donc seul avec mes deux enfants pour une journée entière… et c’est la première fois de ma vie (et de la leur aussi, du coup). Papa sera-t-il à la hauteur du challenge ? Va-t-il regretter son geste ? Chronique minutée de ma journée de père au foyer :

  • 7h50 : Ca y est, les femmes sont parties. Je suis seul à la maison avec les enfants.
  • 7h55 : On finit le petit déjeuner tranquillement. RAS.
  • 8h00 : E. veut faire un jeu avec moi mais elle a modifié les règles à sa sauce, le jeu devient totalement inintéressant… pour un adulte s’entend.
  • 8h05 : Jeu terminé. Pendant ce temps G. déambule dans le salon, plus souvent sur 2 pattes que sur 4.
  • 8h10 : Les enfants ne semblent pas vouloir s’occuper tous seuls pendant que j’essaie de ranger la table du petit déjeuner. Voyant qu’il fait un temps magnifique je me dis que pourrais les mettre à jouer dehors.
  • 8h11 : J’applique l’idée précitée et ouvre le bac à sable. Je surveille les enfants depuis la terrasse en buvant un café sous la carresse bienveillante du soleil matinal.
  • 8h12 : Je me dis que je suis plutôt bien là.
  • 8h14 : Les enfants projètent du sable partout autour d’eux et s’en mettent mutuellement sur la tête. Injonction d’arrêter, rappel de la règle numéro 1 du bac à sable. Je commence à regretter mon idée de 8h10.
  • 8h20 : J’ai fini mon café. Les enfants me jètent des regards en coin (ce qui est mieux que du sable) et adoptent une attitude borderline à base de « tavu Papa on désobéit un peu mais pas trop ». Je réponds avec un air sévère qui signifie quelque chose comme « gare à vous si vous franchissez la ligne ».
  • 8h25 : Pas de désobéissance majeure mais par la force des choses les enfants sont couverts de sable. Je décide de mettre fin au carnage.
  • 8h26 : Tout le monde à la douche. G. a du sable jusque dans les moindres replis de sa couche et E. plein les cheveux.
  • 8h40 : Les enfants sont rapropris. Moi aussi. Par contre j’ai l’impression d’être à la plage lorsque je marche sur le lino de la salle de bain. Je les mets à jouer dans leur chambre pendant que je règle le problème sablonneux.
  • 8h45 : Problème réglé. Les enfants sont restés sages. Par contre Eléonore a toujours du sable plein le scalp. Je me dis que j’ai un coup à jouer qui pourrait lui servir de leçon : le peigne ! (ndla, elle déteste qu’on lui coiffe les cheveux).
  • 8h50 : J’essaie d’enlever le sable avec le peigne fin tout lui faisant comprendre que si elle a mal elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Elle me répond que ça ne lui fait pas mal du tout. Je me dis que cette enfant a déjà un orgeuil bien trempé parce que le peigne tire pourtant bien plus fort que la brosse (qu’elle déteste royalement).
  • 8h52 : J’espère que le peigne a eu plus d’effet sur la pédagogie que sur les cheveux parce qu’il reste encore beaucoup de sable.
  • 9h00 : Les enfants sont propres et habillés. Je me dis que c’est l’heure d’un bilan après… wtf ! 1h10 seulement ! Alors je me donne 2 points pour l’absence de blessures physiques. 1 point pour l’absence de pleurs de quelque nature que ce soit. Wouah, le bilan commence rudement bien pour super-Daddy. Allez, soyons réalistes deux secondes : les livres eparpillés dans la chambre des enfants crissent sur le sol à cause du sable, le body de G. (propre de ce matin) et la chemise de nuit d’E. ont déjà rejoint la pile de linge sale, E. a encore du sable dans les cheveux alors que je les ai lavés hier. Ca fait bien dans les -3 points côté tenue de la maison. Je m’en sors pas trop mal.
  • 9h15 : Je m’assieds à mon ordinateur et entame la rédaction de cet article.
  • 9h15 et 10s : E. arrive et demande à s’asseoir sur mes genoux. Je sens qu’il faut sévir tout de suite et lui dis d’un ton ferme mais courtois que je ne vais pas pouvoir tout faire avec elle aujourd’hui parce que je suis tout seul. Et que donc si elle pouvait jouer un peu seule ou avec son frère par moment le monde n’en serait que meilleur (le mien du moins).
  • 9h16 : Contre (presque) toute attente le message est passé et E. & G. jouent paisiblement dans le salon (et hop, +1 point).
  • 9h27 : G. vient d’arracher un morceau de la couverture d’un livre que je lui avais descendu… (et hop -2 points). Le livre était pourtant en carton et je le pensais résistant aux attaques de mon fils. Note pour plus tard : ne pas sous-estimer la capacité de G. a briser des choses.
  • 10h10 : Après environ une heure de jeu avec sa soeur (sans pleurs ni accidents : +2 points), G. manisfeste des SEF (signes extérieurs de fatigue). Ni une ni deux, je le monte à la sieste.
  • 10h11 : Après une protestation minimale G. s’est endormi (ne soyons pas modestes : +2 point) et E. réclame des épisodes de Wallace & Gromit. Je cède de bon coeur car cela me donnera un moment calme pour continuer à écrire.
  • 10h30 : Je poursuis la rédiaction de l’article… qui sait quand je pourrais le finir…
  • 11h30 : Je décrète la fin des dessins animés pour E. S’ensuit bien évidemment une crise classique : « non, je veux encore des épisodes ». Je suis habitué car c’est devenu un peu systématique. Je désamorce calmement en proposant de lire des livres avec elle. Malgré les cris et protestations de sa soeur, G. dort encore. Je remercie intérieurement Morphée qui me facilite grandement la vie aujourd’hui.
  • 11h55 : E. me dit qu’elle a faim. Je lui prépare son assiette qu’elle commence à dévorer goulument.
  • 11h56 : G. qui a décidément le sens du timing, se réveille (+1 point pour la grosse sieste)… comme un ange, en chantant dans son lit (réveil en douceur ça vaut bien 2 points tellement c’est rare ces derniers temps).
  • 12h30 : Après avoir joué un peu G. prend son déjeuner. Et un repas dans le calme : +1 point!
  • 13h00 : Le repas est terminé. G. & E. jouent chacun dans leur coin, comme des petits anges pendant que je nettoie la table.
  • 13h01 : Je ne reconnais plus mes enfants. Ils sont sages, ne font pas de bêtises et je crois que je n’ai pas prononcé le mot « non » depuis au moins 10 minutes. Je fais comme si de rien n’était.
  • 14h45 : G. montre des SEF. Bien qu’il me semble improbable que mon fils ait encore envie de dormir, je me dis que ça ne coûte rien d’essayer une mise à la sieste.
  • 14h50 : Après avoir modérément protesté G. s’est endormi. Je pense que quelqu’un a échangé mes enfants pour la journée.
  • 15h00 : E. me réclame encore des dessins animés (comme à chaque fois qu’on met son frère à la sieste), j’optempère par faiblesse et me dis qu’il faudra peut-être revoir la dose journalière de tablette à la baisse dans un futur proche… mais pas aujourd’hui (-3 points pour démission parentale)
  • 16h00: Fin des dessins animés -> crise. Je lui propose de prendre le goûer -> fin de la crise.
  • 16h25 : G. se réveille après 1h30 de sieste… je n’en crois pas mes yeux. Je lui fais prendre son goûter puis je décide qu’il est temps pour les enfants de se dépenser un peu : direction les jeux du leikkipaikka.
  • 17h-18h : Tobogan / balançoire / bac à sable / cache-cache (plus ou moins) / escalade… les enfants s’amusent et se dépensent en plein air. Ils seront bien fatigués ce soir et moi j’ai le sentiment d’être un bon père (+5 points pour la combo gagnante).
  • 18h05 : Sortie du leikkipaikka. E. défie l’autorité paternelle en refusant de mettre son casque pour rentrer en tricycle. J’amorce une approche calme et rationelle -> échec (cuisant). Je pose un ultimatum : « tricycle + casque » ou « marche à pieds sans casque ». De façon très prévisible E. refuse les deux options et choisit le « tricycle sans casque » qui n’était pas au menu -> sanction -> portée sous le bras. Après 5 mètres E. réalise son erreur et accepte de mettre son casque pour rentrer en tricycle. Victoire de l’autorité paternelle (+2 points).
  • 18h15 : Après tant de dépense rien de tel qu’un bon sauna suivi d’un douche bien fraîche et zou, tout le monde est propre et rafraîchi.
  • 18h45 : Dîner. RAS.
  • 19h15 : Jeux en attendant le retour des filles.
  • 20h00 : Julie et Cécile rentrent ravies (et repues) de leur excursion maritime.
  • 20h30 : Enfants au lit.

Au final la journée a été bien plus aisée que ce à quoi je m’attendais. Mais en toute honnêteté le mérite revient en grande partie aux enfants qui ont été globalement adorables (surtout G.) et qui m’ont vraiment facilité le travail.

3 Commentaires

Classé dans Famille, Turku

3 réponses à “Père au foyer pour un jour

  1. Barbara

    Bravo Nico! J’ai adoré ton article…excellente journée de père au foyer!!

  2. Pingback: Croisière Viking Line | Les Baert en Finlande

  3. Juju

    C’était pas vraiment la version qu’on a eu en revenant… en tous cas félicitations pour cet article très bien écrit…et oui c’est un compliment..je sors!

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