A bout.

A bout de patience. Cette relation si fusionnelle que j’aime tant était devenue parfois comme un enfermement, comme un esclavage. Comme si j’étais la seule personne sur terre à pouvoir te calmer lors de moments de grosses crises, tout particulièrement la nuit.

A bout d’envie. Des nuits cauchemardesques où la frustration de ne pas comprendre ce qui se passait et pourquoi tu n’étais pas capable de te rendormir sans t’être au préalable désespérement accroché à mon sein comme à une bouée de sauvetage, le disputait à la culpabilité d’avoir raté quelque chose et de devoir encore une fois céder pour grapiller quelques heures de sommeil devenu si précieux tant il est rare.

Une énième nuit apocalyptique, et un questionnement devenu comme une rengaine ces derniers mois, auront donc eu raison de ce lien si charnel entre nous. Bien évidemment je n’ai pas espéré un instant que la fin de l’allaitement serait la solution à toutes ces nuits pourries et que nous découvririons soudain un enfant capable d’enchaîner douze heures de sommeil non-stop.

Néanmoins, il me semble que c’était la meilleure chose à faire. Pour moi, pour toi, pour notre famille. Se séparer un peu, car on grandit, on s’individualise (et à 14 mois n’est-il pas grand temps?!…). Les quelques jours qui viennent de s’écouler nous laissent penser que nous avons bien fait. Un nouvel équilibre se met en place. Après de longues vacances par monts et par vaux le retour aux repères de la maison et de notre petite vie tranquille nous fait du bien à tous.

A bout de patience. A bout d’envie. Mais pas à bout d’amour.

Cet amour si fort qui perdurera contre vents et marées. Contre le manque de sommeil. Contre l’incompréhension et les interrogations. Contre les frustrations de penser toucher du bout du doigt un équilibre et de devoir se rendre à l’évidence qu’il faut à nouveau tout (ou presque) remettre en question. Cet amour qui nous porte dans les sourires, dans les regards, dans ces bisous claquants que tu distribues sans compter tout au long de la journée. Cet amour qui fait que, même si cela a été douloureux pour moi, même si je n’imaginais pas que cela se finirait comme ça, ce sevrage est juste la fin d’une belle et merveilleuse aventure qui va maintenant nous amener vers d’autres horizons.

Ce texte me trotte dans la tête depuis plusieurs jours. J’ai longuement hésité avant de le publier tant il touche à notre intimité. Finalement j’ai eu envie d’en garder une trace ici. Tout cela fait partie de notre vie et je ne veux pas l’oublier. Et je me dis, sans prétention aucune, que si un jour il peut servir de témoignage pour montrer que la fin de l’allaitement, même s’il ne se passe pas comme on l’avait imaginé, n’est pas un échec alors j’aurais eu raison de le partager. Tout ça est seulement le début d’une relation ré-inventée, toujours aussi forte et porteuse d’amour.

 

4 Commentaires

Classé dans Famille

4 réponses à “A bout.

  1. Élisabeth

    Bon ben, tu as gagné. Maintenant je pleure. Merci les hormones :-p enfin merci surtout de partager ce beau texte!

  2. Ninie

    Euh moi aussi je pleure, mais j’ai pas l’excuse des hormones… :p

  3. jéjé&pilipon

    très émouvant et belle déclaration d’amour d’une maman à son petit garçon

  4. Pingback: Un point sur les zinzins… | Les Baert en Finlande

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