Archives mensuelles : novembre 2015

Joulupuu

En ce premier dimanche de l’Avent, nous avons décoré la maison et plus particulièrement notre sapin. En version minimaliste cette année, pour éviter les tentations… les arrachages de guirlande et les jetés de boules par terre de la part du petit Godzilla qui nous tient de fils cadet.

2 Commentaires

Classé dans Famille, Quotidien

Cookies banane-raisins

Comme promis, le retour des recettes. Quoi de mieux en cette saison que des cookies gourmands et moelleux à déguster acommpagnés d’une tasse de thé brûlante, pelotonné sous un plaid?

Ingrédients

200 g de farine, 100 g de flocons d’avoine, 1 càc de levure chimique, 150 g de beurre demi-sel mou, 1 oeuf, 75 g de sucre blanc, 75 g de sucre roux, 1 grosse banane écrasée, 100 g de raisins secs

Préchauffez le four à 165°C. Mélangez le beurre et les sucres jusqu’à ce que le mélange soit bien crémeux. Ajoutez l’oeuf et la banane et mélangez. Ajoutez ensuite la farine, les flocons d’avoine et la levure. Mélangez. Ajoutez enfin les raisins secs. Formez des boules de pâte sur une feuille de papier sulfurisé sans les étaler. Enfournez pour 15 minutes. Laissez refroidir sur une grille.

DSC06116

 

5 Commentaires

Classé dans Gastronomie

November update

J’ai un peu délaissé le blog ces derniers temps. Il faut reconnaître que la sombre actualité du mois de novembre (et je ne parle pas que de la météo) incite plutôt à profiter du cocon familial, à se lover dans les bras de ceux qu’on aime, à contempler l’innocence de ses enfants et à goûter chaque moment de bonheur que la vie nous offre.

C’est ce que nous avons eu la chance de faire la semaine passée avec les M&M’s venus nous rendre visite et prendre un peu le froid depuis leur côte d’azur adoptive. Une semaine pleine de rires, de bonnes bouffes et de jeux. Une semaine de soleil aussi, de ciel bleu et même de premières neiges! Une semaine de nouvelles recettes de cuisine (très vite sur le blog), de discussions à bâtons rompus et de grosses poilades. Comme si on s’était quittés hier.

Une façon de bien finir ce mois de novembre un peu triste, avant d’entamer les réjouissances de Noël.

2 Commentaires

Classé dans Quotidien

Leçon de finnois #7 : les cas locatifs

Bonjour à tous les curieux, à tous les aventuriers de la grammaire finnoise et à tous ceux qui sont là par hasard. Dans une leçon précédente je vous avais parlé brièvement des 4 cas grammaticaux du finnois et dans cette même leçon je vous avais également dit que le finnois comptait 15 cas. Nous allons aujourd’hui faire un pas de plus vers ce chiffre quinze puisque je vais vous présenter 6 nouveaux cas appelés les cas locatifs.

Très simplement, les cas locatifs sont des déclinaisons qui permettent d’apporter une information de localisation spatiale. En francais ou en anglais nous utilisons des prépositions pour donner cette information. Par exemple lorsque je dis : « Je vais au marché »/ « I am going to the market ». En finnois, ces notions de « dans », « sur », « vers », etc… sont exprimées par les cas locatifs. Ils sont au nombre de 6 et pour faciliter leur compréhension on peut les regrouper en deux catégories comme nous le verrons un peu plus loin.

Bon, ça fait déjà 10 lignes que je déblatère et vous n’avez toujours pas vu l’ombre d’une de ces déclinaisons. Si vous avez tenu jusqu’ici, bravo, votre patience va être bientôt récompensée. Les 3 cas locatifs internes se nomment respectivement : l’illatif, l’inessif et l’élatif ; les 3 cas dits externes sont : l’allatif, l’adessif et l’ablatif. Voilà, j’espère que vous êtes satisfaits. Parce que moi, à ce stade, pas trop. J’ai beau les connaître un peu je suis toujours incapable de les nommer correctement. Mais qu’à cela ne tienne, ce qui est important à retenir c’est 1) comment ils se construisent et 2) quelles notions ils véhiculent.

Je vais passer rapidement sur la construction parce qu’elle n’est pas très compliquée et que je préfère plutôt passer du temps sur leur signification.

  • Illatif : alongement de la dernière voyelle + n (ex : Talo -> Taloon, keittiö -> keittiöön, kauppa -> kauppaan) ou –h + voyelle + n (ex : Maa -> Maahan, työ -> työhön)
  • Inessif : suffixe –ssa/ssä (ex : Talossa, keittiössä, kaupassa)
  • Elatif : suffixe –sta/stä (ex : Talosta, keittiöstä, kaupasta)
  • Allatif : suffixe –lle (ex: Katu -> Kadulle, Puisto -> puistolle, pöytä -> pöydälle)
  • Adessif : suffixe –lla/llä (ex: Kadulla, puistolla, pöydällä)
  • Ablatif : suffixe –lta/ltä (ex : Kadulta, puistolta, pöydältä)

Les observateurs le plus attentifs auront pu noter que tous les cas à l’exception de l’illatif induisent un affaiblissement consonantique lorsque le mot s’y prête (ex : pp : p dans Kauppa / Kaupasta / Kaupassa alors que Kauppaan n’est pas affaibli). Pour finir avec la partie hardcore grammar j’ajouterai qu’il existe également une version plurielle de chacune de ces déclinaisons. Par exemple, si je vais dans les magasins je dirai : Minä menen kaupoihin. Je suis dans les magasins : Minä olen kaupoissa, etc… Maintenant que nous avons vu comment les écrire intéressons-nous à comment les utiliser.

Pour vous faire comprendre les choses je vais m’appuyer sur le travail effectué par Annika Harlio dans son Mémoire de Maîtrise en philologie romane, savoureusement intitulé (accroche-toi à ton slip cher lecteur) : L’usage spatial de l’illatif finnois et leurs équivalents français – Etude Contrastive de trois romans de Mika Haltari et de leurs traductions en français. Je me permets une petite digression à ce niveau-là pour établir que, premièrement, cette source est bien réelle et que, deuxièmement, l’ensemble du Mémoire (63 pages) est écrit dans un français parfait. Anna Harlio, si d’aventure vous tombez sur ce billet, je vous félicite pour ce travail brillant et vous remercie pour l’aide qu’il m’a apporté.

Une bonne façon d’appréhender ces cas c’est de les représenter dans l’espace (fig 1.).

Presentation1

Figure 1 : Les cas locatifs illustrés

On obtient alors le découpage classique qui différencie les 3 cas internes des 3 cas externes. L’illatif s’emploie pour indiquer que vous vous rendez dans un lieu fermé. Ex : Minä tulen takaisin kotiin = je rentre à la maison. L’innessif indique quelque chose qui est dans un espace fermé mais sans notion de mouvement ex : Marcus on saunassa = Marcus est dans le sauna. Attention je ne dis pas que Marcus doit rester parfaitement immobile dans le sauna, il a le droit de bouger pour mettre de l’eau sur les pierres par exemple. Quand je dis sans notion de mouvement je veux dire que Marcus, au moment où je parle, est dans le sauna ; il n’y rentre pas ; il n’en sort pas. Enfin l’élatif indique une sortie d’un lieu fermé. Joka päivä kävelen kodista yliopistoon = Tous les jours je marche de la maison à l’université (et paf, double combo élatif-illatif). Voilà pour les cas internes. Côté externe nous avons l’allatif qui indique in mouvement vers un endroit, mais pas fermé. Par exemple si je vais à la plage à vélo je dirais : pyöräilen rannalle (ranta -> rannalle, affaiblissement de type nt : nn) car la plage est un lieu ouvert, vers lequel je me déplace. En revanche lorsque je suis arrivé et qu’un ami me demande au téléphone où je suis, je lui réponds : Minä olen rannalla et non rannassa car je ne suis pas dans la plage mais sur la plage. Après une bonne baignade dans la baltique je rentre à la maison et là ma fille, voyant mes pieds tout ensablés, me demande d’où je viens (OK c’est pas Sherlock Holmes…mais elle n’a que 3 ans). Alors je lui réponds : je viens de la plage… oui parce que ma fille est française alors ça n’aurait pas de sens de lui dire tulen rannalta (encore que…).

Alors là vous vous dites que ça fait déjà un beau morceau à digérer mais que finalement grâce à un découpage logique la chose n’est pas si impénétrable qu’il y paraît. C’est donc le moment parfait pour venir briser votre béatitude mentale en vous disant que nous venons simplement de découvrir l’usage spatial des cas locatifs et qu’il sont aussi largement utilisés pour exprimer toute une foultitude de concepts qui n’ont rien à voir avec la localisation spatiale. Je vais donc essayer de vous en dresser une liste pour que vous vous fassiez une idée :

  • On utilise l’inessif pour dire qu’un objet « a » quelque chose. Par exemple si je dis : « le livre a 100 pages » : Kirjassa on sataa sivua. (comme nous le verrons dans une leçon future le finnois n’a pas de verbe avoir)
  • Lorsqu’on dit merci pour quelque chose on utilise l’élatif : « Merci pour le café » -> Kiitos kahvista
  • Avec certains verbes comme pitää ou tykätä (aimer, apprécier) on utilise nécessairement l’élatif : « J’aime le chocolat noir » -> Minä pidän tummasta suklaasta (petit rappel ici : l’adjectif qui qualifie l’objet s’accorde au même cas que ce dernier. Tumma suklaa (chocolat noir) devient donc tummasta suklaasta dans l’exemple sus-mentionné)
  • Quand quelqu’un donne une opinion, on utilise l’élatif : « A mon avis, la mer est froide » -> Minusta meri on kylmä. Dans cette phrase, minusta, qui est la forme élative du pronom personnel minä, signifie à lui tout seul « à mon avis » ou « selon moi ».
  • Pour dire « jusqu’à » dans le sens temporel, on emploie l’illatif : « Du matin jusqu’au soir » -> aamusta hön (notez au passage que pour dire « à partir de » au sens temporel on emploie l’élatif comme on peut le voir dans aamusta)
  • Pour les compléments circonstanciels de moyen on utilise l’adessif. « Je vais à la plage en voiture«  -> Menen rannalle autolla. Ou encore : « Il écrit avec un stylo«  -> Hän kirjoittaa kynällä
  • Le verbe « avoir » (qui n’existe pas en tant que tel en finnois) s’exprime par une construction basée sur l’adessif et le verbe « olla ». J’ai un chien -> Minulla on koira (je ne m’étends pas trop sur ce point car il fera l’objet d’une une future leçon)
  • Pour dire que quelque chose se passe à telle heure, on peut utiliser l’ablatif. Pour dire « le cours commence à 10 heures » on peut dire kurssi alkaa kello kymmenen (qui est la forme classique) ou bien utiliser l’ablatif : kurssi alkaa kymmeneltä. A noter que la forme abaltive ne peut s’employer que pour les heures piles et les demi-heures. Pour dire onze heure moins cinq, par exemple, on doit utiliser la forme traditionnelle.
  • L’ablatif s’emploie également avec les verbes de perception comme « sentir ». Ca sent bon -> Se tuoksuu hyvältä
  • L’allatif s’emploie aussi pour adresser quelque chose à quelqu’un. Donnele à Jaana -> Anna sen Jaanalle.

Bien que cette liste ne soit pas exhaustive elle regroupe toutes les principales utilisations des cas locatifs dans le langage courant. Chacune mériterait certainement qu’on lui consacre une leçon à part entière afin d’en cerner toutes les nuances et subtilités (dans le finnois regorge) mais je n’ai pas la prétention d’avoir un niveau suffisant pour cela. Je vous laisse avec un petit lexique des mots que j’ai utilisés dans mes exemples.

Lexique:

  • Aamu : matin
  • Alkaa : commencer
  • Kirjoittaa : écrire
  • Koti : maison (dans le sens « chez soi »)
  • Kynä : stylo
  • Kylmä : froid
  • Kävellä : marcher
  • Mennä : aller
  • Meri : mer
  • Pitää : aimer, apprécier
  • Pyöräillä : pédaler, faire du vélo
  • Ranta : plage
  • Suklaa : chocolat
  • Tumma : sombre
  • Tykätä : aimer; apprécier
  • Yliopisto : université
  • Yö : nuit

6 Commentaires

Classé dans Linguistique

Halloween

Je n’ai jamais aimé Halloween… encore une prétendue célébration sortie de nulle part (en tous cas pour nous autres français) il y a quelques dizaines d’années, prétexte à une nouvelle débauche d’achats en tous genres et le plus souvent inutiles. Une « fête commerciale » histoire de remplir les caddies des consommateurs quelques semaines avant la folie de Noël, fête religieuse et spirituelle sacrifiée sur l’autel de la surconsommation si l’en est. Bref, Halloween et moi ça a toujours fait deux.

Et puis cette année, sûrement parce que les enfants grandissent, même si pourtant les petits finlandais ne sont pas particulièrement soumis au diktat de la chasse aux bonbons halloweenesques, j’ai fini par me prendre un peu au jeu. A vrai dire, cela m’a pris hier en début d’après-midi pendant la sieste de Gabriel. Eléonore était pourtant sagement assise sur le canapé à regarder quelques dessins animés et n’avait en rien réclamé de préparer quoi que ce soit en rapport avec Halloween.

En Finlande Halloween (si on entend par là chasse aux bonbons et soirées costumées) n’est pas une fête particulièrement populaire. Dans les jours précédents Halloween on trouve bien évidemment dans les rayons des supermarchés les traditionnelles décorations à base de citrouilles, de sorcières et autres fantômes ainsi que les innombrables sachets de bonbons associés. Mais a priori les enfants n’ont pas pour habitude de se déguiser pour Halloween à l’école ou encore de faire le tour des maisons du voisinage pour récolter des sucreries. En fait il existe une occasion en Finlande où les enfants (surtout les filles) se déguisent, le plus souvent en sorcières, et passent de porte en porte avec leurs branches de bouleau décorées de rubans pour réclamer des bonbons et autres douceurs: c’est le dimanche précédant Pâques.

Mais revenons à nos citrouilles. Halloween, qui est aujourd’hui devenue une fête à connotation tellement commerciale, puise selon certains ses origines dans des rituels païens des pays celtiques, et en particulier dans la fête gaélique de Samhain. A la fin de la saison des récoltes, les paysans festoyaient une dernière fois avant l’arrivée de l’hiver et des mois les plus sombres de l’année. Une partie du festin était habituellement présentée en offrande aux divinités de la terre, afin d’attirer leur clémence pour les récoltes de l’année future. De même, on disait que les âmes des disparus rendaient visite aux vivants, recherchant ainsi la chaleur et l’hospitalité de leur ancien foyer.

D’autres préfèrent à penser que l’origine d’Halloween est indépendante de ces célébrations païennes et qu’elle prend sa source dans des rites chrétiens. Halloween est en effet célébrée à la veille de la Toussaint ou All Hallows Day pour les anglophones. D’où le nom de Halloween contraction de All Hallows’ Evening. Lors de la nuit d’Halloween, un certain nombre de chrétiens célèbrent ainsi leurs morts et se rendent pour l’occasion dans les cimetières afin de prier et de décorer les tombes de fleurs et de bougies. En Finlande, les bougies votives qui illuminent les tombes lors d’Halloween sont tellement nombreuses qu’elles transforment les cimetières en valomeri ou mer de lumière.

Après avoir occupé une partie de l’après-midi à creuser un potimarron pour la transformer en jack-o’-lantern, à préparer de délicieux muffins au potimarron et à fabriquer des chapeaux de sorcière en papier, nous sommes donc sortis à la tombée de la nuit pour nous diriger vers le cimetière de Maariankirkko (ou église de Marie) à quelques kilomètres de chez nous. Nous avons déambulé dans le calme de ce petit cimetière accolé à l’église, verdoyant et aux allées biscornues en admirant les centaines de bougies éclairant les stèles. L’atmosphère recueillie et pourtant très simple de ce petit cimetière typiquement finlandais m’aura même fourni l’occasion d’une discussion spirituelle sur nos êtres chers disparus avec Eléonore… de quoi peut-être amorcer une réconciliation avec la fête d’Halloween?

 

 

3 Commentaires

Classé dans Histoire, Quotidien