Archives mensuelles : février 2016

Environnement et couches lavables

Est-ce le fait d’avoir fait des études supérieures dans l’environnement? Est-ce la prise de conscience que le monde tel qu’il tourne actuellement semble épuiser à vitesse grand V les ressources naturelles de notre planète bleue? Est-ce un intérêt personnel pour la nature et tout ce qui s’y rattache devenu de plus en plus important depuis que je vis dans ce merveilleux pays qu’est la Finlande? Est-ce l’interrogation inconsciente de savoir ce que l’on va pouvoir laisser en héritage à nos enfants depuis que je suis devenue mère?

Sans doute un peu de tout ça à la fois. Je pense que j’ai toujours eu une sensibilité particulière quant aux sujets qui touchent à cette vaste thématique de « l’environnement » (et derrière laquelle on pourrait à la fois tout mettre ou rien). Cette sensibilité a probablement guidé mon intérêt dans la poursuite de mes études lors de mon doctorat sur la valorisation des traitements biologiques des déchets. Bref, encore un article qui était en gestation dans ma tête depuis un moment, qui me tient à coeur et dont la rédaction me trotte dans la tête depuis plusieurs mois.

Je suis heureuse de vivre dans un pays comme la Finlande, où l’environnement et le cadre de vie sont vraiment des plus agréables quand on aime les choses simples de la nature. Une densité de population qui n’a rien à envier à celle du pôle Nord (je sais, j’exagère), des mentalités qui nous apparaissent à nous expatriés probablement plus « éco-friendly » qu’en France, une nature omniprésente même quand on habite près d’une grande ville comme c’est notre cas. Il suffit de quelques minutes depuis le pas de notre porte pour nous promener entre champs d’avoine et étendues boisées, pour marcher sur la rivière Aura  quand elle est gelée en hiver, ou arpenter l’archipel de Turku et ses milliers d’ilôts disseminés sur la Baltique.

Depuis quelques années, j’essaie à ma mesure de faire des petits gestes au quotidien en faveur de l’environnement. Je me fais un plaisir de trier mes déchets et il faut dire qu’ici on est plutôt bien lotis: les déchets organiques vont au compost, tandis que pas moins de 5 containers différents recueillent les papiers, cartons, boîtes métalliques, verres et enfin les ordures ménagères résiduelles. J’essaie de toujours éteindre la lumière quand je sors d’une pièce. Je limite la durée de ma douche au minimum requis pour me laver. Je recycle l’eau du bain pour les deux enfants: Gabriel prenant un bain assez rapide et n’étant vraiment pas très « sale », Eléonore peut largement réutiliser le bain de son petit frère. Je vais tâcher de refaire des efforts pour ne plus faire la vaisselle sous l’eau courante mais en remplissant au moins un bac pour le lavage. Je réutilise toutes sortes de papier pour écrire mes chères listes (de courses, de menus, …). Même si je ne suis pas adepte du « bio » j’essaie d’acheter plutôt local et de saison concernant les fruits et légumes (même si en Finlande ce n’est pas vraiment très aisé, à moins de ne manger que des patates entre septembre et avril…). Bref, je me plais à penser (à raison ou à tort?) que ces toutes petites choses mises bout à bout peuvent aider un peu à préserver nos ressources naturelles tout en limitant la pollution quasi-obligatoire qui accompagne tout développement humain. Ou alors je me donne juste bonne conscience?…

Toujours est-il que depuis ma première grossesse, je m’étais longuement interrogée sur la possibilité d’utiliser des couches lavables. Fortement encouragée par une des mes soeurs (poke Claire 😉 ), mais j’avais finalement renoncé en me disant que ça ferait peut-être trop à gérer pour un premier bébé. Que matériellement ça me rajouterait beaucoup de boulot notamment en terme de gestion des lessives et séchages: c’est pas comme si j’habitais en Finlande où il semble difficile de faire sécher son linge dehors en quelques heures, en dehors des mois de juillet et août (j’exagère) (si peu). Bref, beaucoup de (mauvaises) excuses. Et puis, enceinte de Gabriel j’ai vraiment eu envie de tenter le coup. Après avoir lu une série d’articles sur un blog que je suis régulièrement (celui de Marjoliemaman, sur lequel je vous renvoie d’ailleurs si vous voulez plus de détails techniques), nous avons décidé de nous lancer avec la marque de couches lavables Hamac.

Celles-ci sont de conception assez technique, plutôt simples d’utilisation et made in France (ce qui ne gâche rien, même si bien sûr j’aurais pu trouver du made in Finland). Nous avons attendu d’être rentrés à la maison en Finlande après la naissance de Gabriel (né en France). Cela me semblait difficile de gérer l’aspect couches lavables en plus de tout le reste (retour en Bretagne, baptêmes, vacances à droite et à gauche). Et puis il faut bien avouer qu’avec un nourrisson de 0 à 1 mois on passe quand même son temps à changer des couches, alors autant ne pas s’en rajouter une (de couche) (ahah)…

A partir du premier mois de Gabriel donc, et jusqu’à un peu plus de 12 mois, nous avons fonctionné « en lavable » presque à 100%. Hormis pour quelques sorties en extérieur (genre rendez-vous médicaux ou piscine) où je ressortais une couche jetable, Gabriel passait donc son temps en couche lavable. Il n’a pas eu l’air de s’en plaindre 🙂 et moi je suis ressortie de cette expérience très satisfaite. C’est vrai qu’il faut prendre un petit coup de main pour positionner la couche, mais après un rodage de quelques jours, plus aucun souci de fuites à déplorer. On a même eu plus de problèmes de fuite en nocturne avec des couches jetables qu’avec des lavables!

C’est vrai aussi qu’il faut faire tourner sa machine à laver en plus pour laver les inserts lavables des couches. Certains les lavent en même temps que le linge de tous les jours mais j’avoue que pour une question de facilité et d’entretien de la couche (notamment pour éviter un encrassement trop rapide) j’ai préféré séparer. Les inserts utilisés avec ces couches sèchent vite (encore plus vite pour ceux qui sont en microfibres plutôt qu’en coton bio) et, hormis un séchage en machine une fois par mois environ pour détendre les fibres, je n’ai pas eu à faire tourner mon sèche-linge plus souvent qu’à l’habitude (c’est-à-dire une fois par semaine pour sécher les serviettes de toute la maisonée).

Bref, je ne suis pas missionnée par la marque pour vous parler de tout cela mais j’avais envie de partager mon expérience ici. De dire que bien sûr c’est un peu de boulot en plus, mais que franchement la technique a fait de tels progrès ces dernières années, qu’on peut maintenant réussir à concilier geste pour la planète et facilité d’utilisation sans passer ses soirées à frotter des couches en tissu. Alors certes il ne faut pas être trop effrayé par le fait de devoir mettre un peu les mains dedans… mais la manipulation de la couche avec un voile jetable qui permet de séparer le sale du « mi-sale » n’est vraiment pas pire. Quand on est parents on en voit d’autres 😉

C’est vrai aussi que c’est un investissement de base non négligeable. Mais qui sera forcément rentabilisé d’une façon ou d’une autre. Nous sommes repassés en jetables depuis près de 6 mois maintenant, seulement pour des raisons de gabarit, Gabriel étant vraiment serré même dans les couches les plus grandes. Néanmoins après plusieurs mois de bons et loyaux services, mes couches lavables attendent patiemment leur nouvelle vie. Prêtées à une copine, utilisées pour un petit dernier ou revendues d’occase, vous trouverez forcément à réutiliser ces couches lavables et la planète vous le revaudra 🙂

 

 

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This moment #4

A single photo capturing a moment from the week. A simple, special, extraordinary moment. A moment to pause, savor and remember.

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Inspired by familial entropy.

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Talvi tulee takaisin

L’hiver revient… Après un mois de janvier très froid (voire carrément polaire) et bien enneigé, le mois de février a été plutôt très moche pour l’instant. Des températures positives, un ciel gris et des hectolitres de pluie qui ont fait fondre en quelques jours la couverture neigeuse qui culminait tout de même à près de 30 centimètres.

Mais comme le titrait le Turun Sanomat hier, l’hiver revient. Cette nuit la neige a enfin remplacé la pluie et au réveil la nature était à nouveau immaculée. J’ai donc profité de cette matinée pour aller faire quelques clichés en forêt. L’hiver revient, mais pour combien de temps? Le thermomètre ayant déjà repassé la barre du zéro Celsius à midi il est à craindre que ce come-back ne soit que de courte durée.

Alors profitons de ce qui sera sans doute les dernières neiges de la saison! Et comme nous ne savons pas encore ce que l’avenir nous réserve pour la fin de l’année 2016, celles-ci pourraient même être nos dernières neiges finlandaises?… Alors profitons-en doublement!!

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Turun Linna

Le château de Turku est probablement le lieu le plus connu et le plus visité de la ville. Et pourtant depuis 3 ans et demi que nous résidons à Turku, je n’avais encore jamais eu l’occasion d’aller m’y promener. La visite de mes parents le week-end dernier aura permis de réparer cette erreur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas regretté notre matinée!

La construction du château de Turku remonte à la fin du XIIIème siècle, quand la Finlande était encore une région chrétienne. Les deux chapelles situées dans la partie médiévale du château présentent ainsi une collection de statues en chêne ou en bouleau datant des années 1400 et figurant divers saints patron et martyrs. Situé à l’origine sur un îlot (désormais relié au continent) à l’embouchure du fleuve Aura le château de Turku avait au départ une fonction défensive, sa position stratégique permettant de surveiller les allées et venues des navires se dirigeant vers la ville. Le château a connu plusieurs phases de construction et d’agrandissement dont les différentes étapes sont illustrées par une dizaine de très belles maquettes dans une des salles de l’étage.

Cette forteresse aux murs épais de plusieurs mètres par endroit, servit dans les premières années de prison comme en témoignent encore les geôles du sous-sol. Successivement magasin d’artillerie, résidence de nobles de la cour de Suède ou siège du gouvernement, le château connut son apogée au XVIème siècle lorsque la famille Vasa était au pouvoir. Le Duc Jean, fils de Gustave Vasa, en fit une de ses résidences et le château abrita des festivités royales à plusieurs occasions.

Après un incendie qui ravagea le château en 1614, celui-ci fut plus ou moins laissé à l’abandon même s’il continua à héberger diverses instances administratives ou à abriter quelques milliers d’armes. Le coup de grâce fut donné en 1941 lorsque le château fut bombardé par l’aviation allemande, ne laissant debout plus que les murs. La château fut finalement déblayé, reconstruit pierre après pierre, et restauré pendant une quinzaine d’années dans les années 1960, pour nous offrir aujourd’hui un monument massif et splendide.

Les parties « Médiévale » et « Renaissance » du château offrent une trentaine de salles à la visite, certaines vides, d’autres à peine meublées, mais toutes restaurées magnifiquement. Il est fort agréable de déambuler dans cette partie principale de la forteresse en prétendant revivre le quotidien des nobles et familiers de la cour royale.

A noter que le château de Turku, ainsi que d’autres monuments de la ville, a servi de lieux de tournage pour le film « The Girl King »  (« Tyttökuningas » en VO) du très célèbre réalisateur finlandais Mika Kaurismäki en janvier et février 2013. Le film au casting international (finlandais, canadien, français) et sorti en Finlande en décembre dernier, raconte l’histoire du règne de Christine de Suède reine dès l’âge de 6 ans et qui tenta d’imposer ses visions modernistes à la cour de Suède. Certaines salles du château présentent ainsi les costumes ou les objets crées par l’équipe du film et utilisés pour le tournage.

 

Enfin l’enceinte secondaire du château abrite le musée historique de la Ville et regorge de salles consacrées à l’histoire locale, à des collections d’armes, d’ameublement, de bijoux, etc… Nous sommes passés très vite dans cette partie du château qui à elle seule mériterait sûrement plusieurs heures de visite. Comme dans beaucoup de musées en Finlande, les enfants ne sont pas oubliés puisque la salle des Chevaliers du Château des enfants leur propose de se métamorphoser en chevaliers et princesses l’espace d’un instant. Des tas d’épées (en mousse!), de heaumes et d’armures, de hennins en feutrine attendent sagement que les plus petits s’en saisissent pour rejouer les épisodes de la cour royale.

En bref, un lieu très intéressant et définitivement à voir quand on passe à Turku. La visite exhaustive du musée demanderait certainement plusieurs jours tant le lieu est vaste et les objets qui y sont présentés nombreux. Mais une visite d’une paire d’heures vous permettra déjà de vous faire une bonne idée des lieux et d’apprécier cet endroit incontournable de la ville.

 

 

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This moment #3

A single photo capturing a moment from the week. A simple, special, extraordinary moment. A moment to pause, savor and remember.

DSC06519Inspired by familial entropy.

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