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Some days to remember

Beaucoup de choses se sont passées en une semaine : j’ai survolé l’Atlantique deux fois, le soleil a projété l’ombre de la lune sur mon visage (ainsi que sur une bonne partie du continent Américain), la Finlande a mis ses drapeaux en berne en réponse à la folie humaine et un diplôme m’a été remis.

Commençons donc logiquement par la fin.

Presque 5 ans jour pour jour après avoir débuté mes travaux de recherche dans le groupe de recherche du professeur Salminen me voilà récompensé par le diplôme de Docteur en Philosophie (plus connu sous le nom de PhD en anglais). J’ai soutenu ma thèse le vendredi 18 août à midi, devant public et face à mon opponent (sorte d’examinateur): le professeur Garry Waghorn, venu spécialement de Nouvelle-Zélande pour l’occasion. La soutenance s’est très bien passée et ce fut un moment fort agréable comme en témoignent les sourires sur les photos. La troisième photo en dit long sur le caractère de ce bonhomme de 67 ans. En dehors de la soutenance j’ai eu l’occasion de passer beaucoup de temps avec Garry lors de nos petits déjeuner, apéros et autres convivialités (dûs au fait que nous résidions dans le même hôtel) et je dois dire que je ne regrette pas de l’avoir choisi comme opponent. Car en plus d’être un spécialiste dans son domaine  (certains l’appellent légende vivante) il est un personnage hors du commun, débordant d’humour et d’anecdotes croustillantes collectées au cours de sa vie.

Après la soutenance la tradition veut que le nouveau docteur organise un dîner en l’honneur de l’opponent (et éventuellement pour célébrer son succès). En finnois cette soirée s’appelle karonkka.

Mon karonkka était donc prévu pour 19h dans un restaurant du centre-ville de Turku. Et c’est là que les choses ont commencé à devenir un peu surréalistes. Vers 17h je remonte dans ma chambre après avoir passé une heure de détente (méritée) dans la piscine de l’hôtel et en jetant un oeil à mon téléphone je vois un déluge de messages qui m’apprennent qu’un homme vient de poignarder des passants sur la place du marché. Les informations officielles sont alors très parcellaires, les informations non-officielles (Twitter, Facebook) sont complètement folles. On ne sait pas s’il s’agit d’une attaque isolée, d’un acte terroriste, s’il y a plusieurs agresseurs. Les seules informations que la police laisse filtrer est : le suspect a été appréhendé ; évitez le centre-ville jusqu’à nouvel ordre. Sans parler du choc de savoir que le drame s’est déroulé dans une ville que j’ai toujours considérée comme un havre de paix (à fortiori sur la place sur laquelle je me trouvais la veille), cette nouvelle vient sévèrement perturber le déroulement de la soirée à venir. Vers 19h cependant, la police fait une annonce : le centre-ville est sûr. S’ensuit quelques discussions avec mes hôtes pour savoir si tout le monde se sent prêt à aller au restaurant (situé à une centaine de mètres de la place du marché). Après quelques hésitations la confiance dans les forces de police locales finit de dissiper les dernières réticences de certains, et c’est avec seulement trois quarts d’heure de retard que le soirée démarre.

Même si cet événement a peut-être pesé dans les esprits de certains convives ce ne fut pas mon cas et j’ai passé une excellente soirée (pas de photos pour l’instant malheureusement, mais je pense en récupérer bientôt).

Et c’est donc dimanche matin que j’entamai mon retour vers l’Amérique, via Helsinki, Stockholm puis New York city. N’ayant pas trouvé de moyen de transport pour Ithaca le dimanche soir j’ai dû prendre une nuit d’hôtel à Manhattan. Mon bus pour Ithaca ne partant qu’à 17h le lundi cela me laissait plusieurs heures pour silloner Big Apple. Les astres s’étaient très litérallement alignés pour rendre cette visite mémorable puisque j’ai pu observer l’éclipse depuis Central Park (que j’arpentais pour la première fois de ma vie). Ne disposant que de quelques heures à Manhattan j’avais décidé de me limiter à une visite de Central Park (il me fallait de toute façon une bonne demi-heure de marche pour m’y rendre). Les dimensions du parc dépassent très largement l’image mentale que je m’en étaits construite. Avec ses 4km de long sur presque 1km de large il faut un bout de temps pour en faire le tour à pieds. J’avais du temps, une bouteille d’eau, le soleil sur ma nuque et l’esprit léger, aussi avais-je décidé d’y errer au gré de mes envies, sans autre but que celui d’être émerveillé. Lorsque l’éclipse a démarré je commençais tout juste mon retour vers l’hôtel. N’ayant pas pu me procurer de dispositif pour observer le phénomène sans brûler mes rétines je me suis contenté de solliciter les passants pour emprunter leur lunettes pendant quelques secondes. J’ai ainsi voleté de groupes en groupes, échangeant quelques mots avec les autochtones dans Central Park et le long de la 8ème avenue.

Alors que ce soit bien clair, Manhattan ressemble pour moi un peu à l’enfer. Y circuler à pieds est pénible car vous ne pouvez pas faire 100 mètres sans devoir vous arrêter à un passage piéton. Je n’y ai pas circulé en voiture mais cette simple idée me donne envie de m’ouvrir les veines avec une feuille de papier. L’odeur y est par endroit insupportable et la ville semble perpétuellement en travaux tant il y a d’échaffaudages. Mais au milieu il y a ce joyau qu’est Central Park. Le parc a ceci de génial qu’il est fait pour les gens. Ce n’est pas un jardin botanique où la moitié des pelouses sont interdites. A part dans certaines zones boisées qui servent de refuge pour les animaux tout le parc est à disposition des citadins : les rochers, les petits chemins cachés, vous pouvez aller partout, explorer, vous perdre. J’y ai passé un moment magique que l’éclipse a rendu encore plus inoubliable.

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Le Finnois en Pratique #1

Je démarre ici une nouvelle rubrique linguistique qui sera consacrée à l’étude de cas pratiques. Le concept sera d’y analyser des phrases issues du quotidien dans le but de mettre en applications les règles précédemment étudiées, mais aussi et surtout d’apprendre des petites choses intéressantes qui ne nécessitent pas forcément une leçon à part entière. Décortiquer le finnois est un exercice que je réalise quotidiennement et que je trouve assez ludique (quoique difficile). Cela permet d’aborder l’apprentissage de façon plus interactive que de lire des leçons et les petites choses que l’on peut en retirer (notamment le vocabulaire) se retiennent sans trop d’effort.
Mais assez préambulé, passons directement au cas du jour :

20160309_071813[1]Pour vous donner un peu de contexte (c’est importrant le contexte) sachez que ceci est une brique de lait.

On va commencer très simplement par la première partie : Maitoa Suomesta.

Maito signifie « lait ». L’ajout du -a final est la marque du partitif sungulier puisqu’il s’agit ici d’une entité indénommbrale. Ce partitif est une notion qui est très difficile à traduire ou à exprimer en français. Si je devais m’y risquer je dirais qu’en français cela se retrouverait dans l’emploi de l’article indéfini « Le ». On ne parle pas d’un lait, mais du lait (de le lait donc).

Suomesta. Le premier indice qui permet de deviner ce mot c’est la terminaison -sta  typique de l’élatif qui indique donc une provenance. C’est donc du lait de quelque part. On remarque ensuite que Suomesta est écrit avec une majuscule et on devine alors aisément qu’il s’agit de l’élatif du mot Suomi (= Finlande). En effet l’élatif se construit avec la racine génitive du mot  + le suffixe –sta (ou –stä). Le génitif de Suomi est suomen, on enlève le -n final pour obtenir la racine : Suome-. Suomesta = de Finlande.

Maitoa Suomesta = Le lait de Finlande.

Passons maintenant aux choses sérieuses avec la phrase : Koska suomalaiset lehmät ovat maailman parhaita.

La première chose à faire devant une phrase qu’on ne comprend pas d’emblée, c’est de repérer le sujet. En finnois le sujet est le plus souvent au nomminatif, ce qui le rend assez facile à identifier. Ici c’est un cas d’école puisque quiconque ayant un minimum de vocabulaire en finnois aura repéré le mot lehmät, qui signifie « vaches ».
On remarque ensuite que le substantif lehmät est précédé d’une adjectif qui, comme le nom qu’il qualifie, est au nomminatif pluriel : suomalaiset. Au nomminatif singulier le mot est suomalainen et il signifie « finlandais ». Le suffixe -lainen est utilisé en finnois pour construire des mots désignant les habitants d’un lieu. Ca marche bien sûr avec tous les pays (Ranskalainen, Algerialainen, etc…) mais plus largement avec n’importe quel lieu : kaupunkilainen (citadin/citoyen), metsäläinen (habitant de la forêt).

A ce niveau nous avons donc identifié notre sujet : suomalaiset lehmät = les vaches finlandaises. Il faut maintenant trouver le verbe. C’est une étape que je trouve souvent difficile car si je connais un bon nombre de noms et d’adjectifs je dois admettre que mon vocabulaire verbique est pauvre. Bon, ici c’est assez simple. En fait on pourrait difficilement faire plus simple puisqu’il s’agit du verbe olla (= être), à la troisième personne du pluriel au présent, ce qui donne : ovat. Alors où en sommes-nous à présent ?

Koska
…les vaches finlandaises sont… maailman parhaita.

Je vais la faire courte pour koska car je ne connaissais pas ce mot. J’ai donc tout simplement ouvert mon dictionnaire (en papier s’il vous plaît). Koska signifie « parce que ».

On a donc : Parce que les vaches finlandaises sont… maailman parhaita.

Cette fois-ci je vais commencer par vous donner la traduction puis nous verrons la construction après: maailman parhaita signifie « les meilleures du monde ». Lorsqu’on lit « … du monde » on doit tout de suite penser au génitif. Souvenez-vous l’exemple « les oreilles du chat » -> kissan korvat. Le mot au génitif  se place toujours avant le nom qu’il qualifie. Maailma signifie « monde ». Sa construction au génitif est on-ne-peut-plus régulière et donne donc maailman.
Parhaita est déjà un peu plus complexe. Il s’agit du mot paras au partitif pluriel. Paras est un adjectif qui signifie « meilleur ». Et si je dis que le cas est un peu complexe c’est parce que je suis incapable de vous expliquer pourquoi il est ici au partitif pluriel. Plus précisémemt, pourquoi il est au partitif (parce que le pluriel est en fait logique vu qu’il qualifie un nom au pluriel). Mais vous savez quoi ? L’ironie, c’est que lorsque je demande à des finlandais de m’expliquer ce cas, ils ne sont pas plus avancés que moi et la réponse que je reçois systématiquement est: « parce que c’est comme ça ».

 

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Petite balade d’avril

Quelques images d’une promenade au milieu d’une nature qui se reveille.

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Classé dans Famille, Quotidien, Turku

Hyvää Pääsiäistä!

Quelques images de la chasse aux oeufs dans le jardin qui peine à sortir de l’hiver.

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This moment #7

A single photo capturing a moment from the week. A simple, special, extraordinary moment. A moment to pause, savor and remember.

 

DSC06758

Inspired by familial entropy.

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