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Environnement et couches lavables

Est-ce le fait d’avoir fait des études supérieures dans l’environnement? Est-ce la prise de conscience que le monde tel qu’il tourne actuellement semble épuiser à vitesse grand V les ressources naturelles de notre planète bleue? Est-ce un intérêt personnel pour la nature et tout ce qui s’y rattache devenu de plus en plus important depuis que je vis dans ce merveilleux pays qu’est la Finlande? Est-ce l’interrogation inconsciente de savoir ce que l’on va pouvoir laisser en héritage à nos enfants depuis que je suis devenue mère?

Sans doute un peu de tout ça à la fois. Je pense que j’ai toujours eu une sensibilité particulière quant aux sujets qui touchent à cette vaste thématique de « l’environnement » (et derrière laquelle on pourrait à la fois tout mettre ou rien). Cette sensibilité a probablement guidé mon intérêt dans la poursuite de mes études lors de mon doctorat sur la valorisation des traitements biologiques des déchets. Bref, encore un article qui était en gestation dans ma tête depuis un moment, qui me tient à coeur et dont la rédaction me trotte dans la tête depuis plusieurs mois.

Je suis heureuse de vivre dans un pays comme la Finlande, où l’environnement et le cadre de vie sont vraiment des plus agréables quand on aime les choses simples de la nature. Une densité de population qui n’a rien à envier à celle du pôle Nord (je sais, j’exagère), des mentalités qui nous apparaissent à nous expatriés probablement plus « éco-friendly » qu’en France, une nature omniprésente même quand on habite près d’une grande ville comme c’est notre cas. Il suffit de quelques minutes depuis le pas de notre porte pour nous promener entre champs d’avoine et étendues boisées, pour marcher sur la rivière Aura  quand elle est gelée en hiver, ou arpenter l’archipel de Turku et ses milliers d’ilôts disseminés sur la Baltique.

Depuis quelques années, j’essaie à ma mesure de faire des petits gestes au quotidien en faveur de l’environnement. Je me fais un plaisir de trier mes déchets et il faut dire qu’ici on est plutôt bien lotis: les déchets organiques vont au compost, tandis que pas moins de 5 containers différents recueillent les papiers, cartons, boîtes métalliques, verres et enfin les ordures ménagères résiduelles. J’essaie de toujours éteindre la lumière quand je sors d’une pièce. Je limite la durée de ma douche au minimum requis pour me laver. Je recycle l’eau du bain pour les deux enfants: Gabriel prenant un bain assez rapide et n’étant vraiment pas très « sale », Eléonore peut largement réutiliser le bain de son petit frère. Je vais tâcher de refaire des efforts pour ne plus faire la vaisselle sous l’eau courante mais en remplissant au moins un bac pour le lavage. Je réutilise toutes sortes de papier pour écrire mes chères listes (de courses, de menus, …). Même si je ne suis pas adepte du « bio » j’essaie d’acheter plutôt local et de saison concernant les fruits et légumes (même si en Finlande ce n’est pas vraiment très aisé, à moins de ne manger que des patates entre septembre et avril…). Bref, je me plais à penser (à raison ou à tort?) que ces toutes petites choses mises bout à bout peuvent aider un peu à préserver nos ressources naturelles tout en limitant la pollution quasi-obligatoire qui accompagne tout développement humain. Ou alors je me donne juste bonne conscience?…

Toujours est-il que depuis ma première grossesse, je m’étais longuement interrogée sur la possibilité d’utiliser des couches lavables. Fortement encouragée par une des mes soeurs (poke Claire 😉 ), mais j’avais finalement renoncé en me disant que ça ferait peut-être trop à gérer pour un premier bébé. Que matériellement ça me rajouterait beaucoup de boulot notamment en terme de gestion des lessives et séchages: c’est pas comme si j’habitais en Finlande où il semble difficile de faire sécher son linge dehors en quelques heures, en dehors des mois de juillet et août (j’exagère) (si peu). Bref, beaucoup de (mauvaises) excuses. Et puis, enceinte de Gabriel j’ai vraiment eu envie de tenter le coup. Après avoir lu une série d’articles sur un blog que je suis régulièrement (celui de Marjoliemaman, sur lequel je vous renvoie d’ailleurs si vous voulez plus de détails techniques), nous avons décidé de nous lancer avec la marque de couches lavables Hamac.

Celles-ci sont de conception assez technique, plutôt simples d’utilisation et made in France (ce qui ne gâche rien, même si bien sûr j’aurais pu trouver du made in Finland). Nous avons attendu d’être rentrés à la maison en Finlande après la naissance de Gabriel (né en France). Cela me semblait difficile de gérer l’aspect couches lavables en plus de tout le reste (retour en Bretagne, baptêmes, vacances à droite et à gauche). Et puis il faut bien avouer qu’avec un nourrisson de 0 à 1 mois on passe quand même son temps à changer des couches, alors autant ne pas s’en rajouter une (de couche) (ahah)…

A partir du premier mois de Gabriel donc, et jusqu’à un peu plus de 12 mois, nous avons fonctionné « en lavable » presque à 100%. Hormis pour quelques sorties en extérieur (genre rendez-vous médicaux ou piscine) où je ressortais une couche jetable, Gabriel passait donc son temps en couche lavable. Il n’a pas eu l’air de s’en plaindre 🙂 et moi je suis ressortie de cette expérience très satisfaite. C’est vrai qu’il faut prendre un petit coup de main pour positionner la couche, mais après un rodage de quelques jours, plus aucun souci de fuites à déplorer. On a même eu plus de problèmes de fuite en nocturne avec des couches jetables qu’avec des lavables!

C’est vrai aussi qu’il faut faire tourner sa machine à laver en plus pour laver les inserts lavables des couches. Certains les lavent en même temps que le linge de tous les jours mais j’avoue que pour une question de facilité et d’entretien de la couche (notamment pour éviter un encrassement trop rapide) j’ai préféré séparer. Les inserts utilisés avec ces couches sèchent vite (encore plus vite pour ceux qui sont en microfibres plutôt qu’en coton bio) et, hormis un séchage en machine une fois par mois environ pour détendre les fibres, je n’ai pas eu à faire tourner mon sèche-linge plus souvent qu’à l’habitude (c’est-à-dire une fois par semaine pour sécher les serviettes de toute la maisonée).

Bref, je ne suis pas missionnée par la marque pour vous parler de tout cela mais j’avais envie de partager mon expérience ici. De dire que bien sûr c’est un peu de boulot en plus, mais que franchement la technique a fait de tels progrès ces dernières années, qu’on peut maintenant réussir à concilier geste pour la planète et facilité d’utilisation sans passer ses soirées à frotter des couches en tissu. Alors certes il ne faut pas être trop effrayé par le fait de devoir mettre un peu les mains dedans… mais la manipulation de la couche avec un voile jetable qui permet de séparer le sale du « mi-sale » n’est vraiment pas pire. Quand on est parents on en voit d’autres 😉

C’est vrai aussi que c’est un investissement de base non négligeable. Mais qui sera forcément rentabilisé d’une façon ou d’une autre. Nous sommes repassés en jetables depuis près de 6 mois maintenant, seulement pour des raisons de gabarit, Gabriel étant vraiment serré même dans les couches les plus grandes. Néanmoins après plusieurs mois de bons et loyaux services, mes couches lavables attendent patiemment leur nouvelle vie. Prêtées à une copine, utilisées pour un petit dernier ou revendues d’occase, vous trouverez forcément à réutiliser ces couches lavables et la planète vous le revaudra 🙂

 

 

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